Séisme au Palais National : Un remaniement sécuritaire qui pose question à l’aube du 7 février

Alors que l’échéance constitutionnelle et politique du 7 février 2026 approche à grands pas, un décret de l’Inspecteur Général Pierre-Louis Cangé vient de décapiter les unités d’élite chargées de la protection du chef de l’État. Entre « mesure administrative » et « purge préventive », les interrogations se multiplient.

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‎​Le 29 décembre 2025, une onde de choc a traversé les rangs de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Le relèvement de leurs fonctions du commissaire divisionnaire Jean Robert Brutus (USGPN) et du commandant Hansy Charles (CAT) marque un tournant radical. Ces officiers, piliers de la stratégie de défense du Palais National, ont été sommés de remettre leur matériel avec effet immédiat.

‎​Le fait que l’Inspecteur Général Pierre-Louis Cangé, coordonnateur de la sécurité présidentielle, assure lui-même l’intérim de l’USGPN, est un signal fort : le pouvoir central resserre les boulons et élimine les intermédiaires.

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‎​Pourquoi un tel mouvement maintenant ? Dans le calendrier politique haïtien, le 7 février est une date chargée de tensions. Pour 2026, cette date représente la fin théorique du mandat du Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT) selon les accords de 2024.

‎​Plusieurs observateurs y voient trois scénarios possibles :
‎​La peur de la « trahison interne » : À l’approche de manifestations ou de pressions politiques, le pouvoir pourrait craindre que ces unités d’élite ne fassent preuve d’une « neutralité » jugée dangereuse.

‎​Une préparation à l’état de siège : En plaçant un homme de confiance absolue à la tête de l’USGPN, l’exécutif se met en ordre de bataille contre toute tentative de déstabilisation, qu’elle vienne de la rue ou de factions dissidentes.

‎​Un signal aux forces internationales : En pleine mission multinationale (MSS), montrer un contrôle total sur l’appareil sécuritaire est une manière de réaffirmer une autorité étatique souvent jugée vacillante.

‎​L’USGPN : Un enjeu de pouvoir historique
‎​L’histoire récente nous rappelle que l’USGPN n’est pas une simple unité de police. Elle est le dernier rempart. Lors de la crise de 2021 (l’opération Petit Bois), cette même unité avait été au centre d’arrestations controversées. Aujourd’hui, son basculement sous un commandement direct de la coordination présidentielle soulève des doutes sur l’indépendance opérationnelle de la PNH par rapport au politique.

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‎​Si les autorités évoquent une réorganisation nécessaire pour « renforcer l’efficacité », le timing et la méthode laissent planer un parfum de crise. Le départ des commissaires Brutus, Charles et Romain n’est pas qu’une affaire de ressources humaines ; c’est un message envoyé à tous ceux qui lorgnent sur le fauteuil présidentiel avant ou après le 7 février.

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