Près de deux ans après avoir été le théâtre de violences inouïes, le sous-commissariat du Carrefour de l’Aéroport a officiellement rouvert ses portes ce samedi 7 février 2026. Cette cérémonie, présidée par le Commissaire Jacques Ader, marque une étape symbolique dans la stratégie de reconquête territoriale amorcée par la Police Nationale d’Haïti (PNH).
Le 4 mars 2024 reste gravé dans les mémoires comme une journée de chaos, où la coalition criminelle Viv Ansanm avait attaqué et incendié ce point stratégique de la capitale. Samedi, l’ambiance était tout autre. Sous un soleil de plomb, le Directeur Départemental de l’Ouest, Jacques Ader, a procédé au ruban traditionnel, marquant le retour de l’autorité de l’État dans cette zone névralgique.
Pour le haut commandement, cette réouverture n’est pas qu’une simple remise en service de locaux ; c’est un signal de fermeté envoyé aux groupes armés qui ont longtemps dicté leur loi dans la région métropolitaine.
« La vie reprend timidement », a observé le commissaire Jacques Ader devant un parterre de journalistes. « Notre présence ici témoigne de la détermination des forces de l’ordre. Le jeu est terminé. L’offensive va se poursuivre. »
Le commissaire a profité de l’occasion pour saluer le courage des unités spécialisées qui ont mené les assauts nécessaires à la libération du périmètre, tout en remerciant le haut commandement pour les moyens logistiques déployés.
Le Carrefour de l’Aéroport est un axe vital reliant le centre-ville aux communes de Delmas et de Tabarre. Sa sécurisation est jugée prioritaire pour rétablir la circulation des biens et des personnes. Toutefois, le défi reste de taille : maintenir une présence permanente et dissuasive pour éviter tout retour des gangs.
À cet effet, le commissaire Ader a lancé un appel direct à la société civile : « Nous demandons à la population d’accompagner sa police dans la reconquête de notre pays. »
Cette reprise de terrain intervient alors que la PNH multiplie les offensives contre les foyers de gangs restants. Si les riverains présents samedi affichaient un soulagement visible, beaucoup attendent de voir si ce redéploiement s’étendra à d’autres quartiers encore sous l’emprise des coalitions criminelles. Pour l’heure, le drapeau bicolore flotte de nouveau sur le carrefour, symbole d’une souveraineté que la police entend bien défendre.
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