Haïti/Transition: Emmanuel Ménard trace une « troisième voie » face au gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé

Dans une note de position politique publiée ce 14 février 2026,  Emmanuel Ménard, figure de proue du Consortium Patriotique, brise le silence. Entre rigueur constitutionnelle et réalisme historique, il récuse les clivages traditionnels pour appeler à un « État d’Exception » contrôlé et à un pacte de salut public.

​Alors que le paysage politique haïtien reste marqué par l’incertitude sous la primature d’Alix Didier Fils-Aimé,  Emmanuel Ménard a choisi une posture de « gravité républicaine ». Loin de l’agitation partisane, l’ancien président du Conseil Électoral Provisoire (CEP) livre un diagnostic sans complaisance de l’effondrement institutionnel du pays.

​L’élément central de l’analyse de Ménard réside dans la caducité des institutions. Selon lui, Haïti évolue désormais sous l’empire d’une « inapplicabilité » de la Constitution de 1987. Citant l’absence de Parlement et le caractère de facto de l’ensemble de l’architecture étatique — de la Police nationale à la Cour des Comptes — le docteur plaide pour une sortie de l’hypocrisie juridique.

​« La nécessité fait loi pour la survie d’une Nation », martèle-t-il, préconisant de décréter officiellement un État d’Exception plutôt qu’un simple état d’urgence, afin de légitimer les actes indispensables à la permanence de l’État.

 

​Ménard s’attaque vigoureusement à ce qu’il appelle la « pollution » de l’espace public : l’exhumation des vieux démons de la lutte des classes et de la question de couleur. Pour lui, ces débats sont l’œuvre de « bonzes » sans offre politique, rappelant que l’incompétence et la corruption traversent tous les camps.

​Tout en reconnaissant les injustices sociales criantes du système actuel, il refuse de s’aligner sur les pôles extrêmes de la scène politique haïtienne.

​Affichant une ligne de conduite qu’il qualifie de « rectiligne », Emmanuel Ménard prône la théorie du « NI-NI ». Il refuse de grossir les rangs d’une opposition qu’il juge improductive, tout en se gardant de rejoindre le clan des partisans inconditionnels du pouvoir en place.

​Sa proposition est claire : un Pacte Républicain. Il appelle les autorités héritières de la vacance présidentielle à lancer une « pollicitation » (une offre formelle d’engagement) envers les citoyens de bonne volonté.

​S’adressant directement au chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, le Dr Ménard place la responsabilité du succès de cette transition entre ses mains. « La balle est dans les pieds du premier parmi les ministres », écrit-il, tout en rappelant que la priorité absolue doit rester la Sécurité.

​En invoquant le « réalisme louverturien » et le « déterminisme dessalinien », Emmanuel Ménard se positionne en arbitre de la conscience nationale, prêt à observer les actes du gouvernement avec une vigilance de fer. Sa conclusion, sous forme d’adage, sonne comme un avertissement aux détracteurs du pays : « À bon chat, bon rat !!! »

About Emmanuel Hubert

Check Also

Souveraineté numérique : Moscou scelle le sort de WhatsApp et met Telegram sous pression

Dans une nouvelle étape de sa stratégie de reprise en main de l’espace numérique, le …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partager
Partager