La capitale vénézuélienne est devenue le théâtre d’une fracture sociale béante Ce lundi 23 mars. Tandis que des centaines de travailleurs et retraités fustigeaient un gel des revenus vieux de quatre ans, les partisans du gouvernement se mobilisaient pour exiger la levée totale des sanctions internationales, dans un pays en pleine transition politique depuis la capture de Nicolás Maduro.
Dès les premières heures de la matinée, le centre-ville a résonné des slogans de manifestants venus de divers secteurs publics. Leur revendication est claire : une revalorisation immédiate des salaires et des retraites. Pour ces manifestants, le constat est amer. Face à une inflation galopante qui a réduit le pouvoir d’achat à néant, les émoluments actuels sont qualifiés de « salaires de la faim » et les pensions de « retraites de la mort ».
« Nous ne demandons pas de l’aumône, mais le droit de vivre dignement », martèle un ancien employé de la sidérurgie. « Cela fait quatre ans que nos revenus sont gelés alors que le prix du pain, lui, ne cesse de grimper. »
La situation des seniors est particulièrement critique. Avec des pensions dérisoires, beaucoup dépendent exclusivement de l’aide humanitaire ou de la solidarité familiale pour subvenir à leurs besoins vitaux, notamment l’accès aux médicaments.
À quelques rues de là, une autre foule, aux couleurs du pouvoir, s’est rassemblée avec un message radicalement différent. Les partisans du gouvernement ont défilé pour exiger la fin définitive des sanctions économiques imposées par Washington.
Bien que les États-Unis aient entamé un processus de levée progressive de ces mesures depuis le 3 janvier dernier — date charnière marquée par la capture de Nicolás Maduro — le gouvernement vénézuélien estime que le rythme est trop lent. Pour les manifestants pro-gouvernementaux, ces sanctions restent le principal frein à la relance économique du pays et la cause première des pénuries.
Le Venezuela traverse une période de turbulences inédites. Si le changement de paradigme politique amorcé en début d’année laissait espérer une accalmie, la réalité du quotidien rattrape les autorités. Le pays doit aujourd’hui jongler entre deux urgences :
L’urgence sociale : Répondre à la détresse d’une population qui ne peut plus se nourrir.
L’urgence diplomatique : Réintégrer pleinement le circuit financier international pour stabiliser la monnaie.
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