Le climat social aux États-Unis franchit un nouveau seuil de tension. Après la mort de Renée Nicole Good, abattue par un agent fédéral de l’immigration (ICE) le 7 janvier dernier, les Nations unies réclament désormais une enquête « rapide et indépendante ». Alors que la Maison Blanche plaide la légitime défense, la rue et la communauté internationale dénoncent une dérive autoritaire.
Ce qui devait être une opération de routine de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) à Minneapolis a viré au drame national. Mercredi 7 janvier, Renée Nicole Good, une poétesse et mère de famille de 37 ans, a été mortellement touchée par trois tirs alors qu’elle se trouvait au volant de son véhicule.
Dès le lendemain du drame, le président Donald Trump a réagi sur ses réseaux sociaux, qualifiant la victime de « terroriste domestique » et affirmant qu’elle avait tenté de percuter l’agent avec sa voiture. Une version fermement soutenue par la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
Pourtant, des vidéos de témoins et des images de surveillance analysées par plusieurs médias internationaux dressent un portrait bien différent.
On y voit l’agent ouvrir le feu alors que le véhicule de Mme Good semble effectuer une manœuvre pour s’éloigner, sans menacer directement la vie de l’officier. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a d’ailleurs sommé l’ICE de « quitter la ville », dénonçant un usage « injustifié et téméraire » de la force.
Face à la montée de l’indignation, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a pris la parole ce mardi depuis Genève. Jeremy Laurence, porte-parole de l’instance, a rappelé que :
« Selon le droit international, l’usage intentionnel de la force létale n’est autorisé qu’en dernier recours face à une menace imminente pour la vie. »
L’ONU insiste sur la nécessité d’une enquête qui ne soit pas uniquement menée par les services fédéraux eux-mêmes, afin de garantir une totale impartialité.
La colère s’est déplacée ce 13 janvier à Détroit, coïncidant avec un déplacement présidentiel. Sous une sécurité renforcée, des centaines de manifestants ont bloqué des axes routiers aux cris de « ICE out for good » (L’ICE dehors pour de bon).
Pour de nombreux observateurs, cette affaire dépasse le simple fait divers. Elle cristallise l’opposition entre une administration prônant une politique migratoire « choc » et une partie de la population qui dénonce une militarisation croissante des agences fédérales sur le sol américain.
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