Dans un geste symbolique et stratégique fort, le département du Trésor américain a retiré ce mercredi 1e avril 2026 la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, de sa liste noire. Cette décision marque une nouvelle étape décisive dans la normalisation éclair des relations entre Washington et Caracas depuis le début de l’année 2026.
Le virage à 180 degrés de la diplomatie américaine envers le Venezuela se poursuit. Mercredi 1er avril, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) a officiellement supprimé le nom de Delcy Rodríguez de sa liste des « ressortissants spécialement désignés » (SDN). Cette levée des sanctions personnelles, qui frappaient l’ancienne vice-présidente depuis septembre 2018, vient sceller la reconnaissance formelle de son nouveau statut par l’administration Trump.
La réaction de Caracas ne s’est pas fait attendre. Sur son canal Telegram, Delcy Rodríguez a salué une décision qu’elle juge essentielle pour l’avenir des deux nations : « Nous considérons cette mesure comme une étape vers la normalisation et le renforcement des relations entre nos pays », a-t-elle déclaré. Elle a également exprimé son souhait que ce geste soit le prélude à une levée totale des sanctions économiques qui étouffent le pays depuis des années, afin de bâtir un « agenda de coopération bilatérale efficace ».
Ce dégel spectaculaire fait suite à un séisme politique majeur : l’arrestation de Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines en janvier dernier. Depuis, Washington a choisi de miser sur Mme Rodríguez pour assurer la transition, privilégiant la stabilité et l’accès aux ressources énergétiques plutôt que de soutenir l’opposition traditionnelle.
Les signes de ce rapprochement se multiplient :
* Réouverture diplomatique : L’ambassade des États-Unis à Caracas a rouvert ses portes cette semaine, hissant la bannière étoilée pour la première fois depuis 2019.
* Enjeux pétroliers : Caracas s’apprête à reprendre le contrôle des conseils d’administration de Citgo, la filiale américaine du géant pétrolier PDVSA, marquant le retour de l’État vénézuélien sur le marché énergétique américain.
* Liberté de mouvement : Désormais libre de ses mouvements financiers et diplomatiques, Delcy Rodríguez est attendue prochainement à Washington pour des discussions de haut niveau.
Si la levée des sanctions facilite la gestion des actifs vénézuéliens à l’étranger, elle ne fait pas l’unanimité. Certains observateurs s’interrogent sur la rapidité avec laquelle Washington a réhabilité celle qui était, il y a encore quelques mois, considérée comme le bras droit du régime autoritaire précédent.
Néanmoins, pour la Maison-Blanche, l’urgence semble être à la reconstruction d’un partenaire énergétique fiable dans une région sous tension. Le dossier vénézuélien, longtemps point mort de la politique étrangère américaine, est devenu en quelques semaines le laboratoire d’une Realpolitik assumée.
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