États-Unis /Migration : 350 000 Haïtiens sauvés de l’expulsion par une décision judiciaire de dernière minute

Dans un revirement judiciaire majeur, la juge fédérale Ana Reyes a suspendu, ce lundi 2 février 2026, la décision de l’administration Trump de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens. Cette injonction préliminaire intervient à moins de 24 heures de l’expiration du programme, initialement prévue pour le 3 février.

​La décision de la juge Reyes, siégeant au tribunal de district de Washington D.C., offre une bouffée d’oxygène à près de 350 000 bénéficiaires. Sans cette intervention, ces individus — dont beaucoup résident aux États-Unis depuis le séisme de 2010 — auraient perdu leur droit légal de travailler et se seraient retrouvés sous la menace d’une expulsion immédiate dès mercredi matin.

​Dans son ordonnance, la juge a souligné l’instabilité extrême qui règne actuellement en Haïti, citant la violence des gangs et l’incapacité de l’État à garantir la sécurité de ses citoyens. Elle a également émis des doutes sur la légalité de la procédure suivie par le Département de la Sécurité intérieure (DHS).

​L’un des points les plus frappants de la décision réside dans les critiques de la juge envers les motivations de l’administration. Le tribunal a estimé qu’il existait des preuves suffisantes suggérant que la fin du TPS n’était pas basée sur une évaluation objective des conditions de sécurité au sol, mais pourrait avoir été influencée par une hostilité envers les immigrés issus de pays spécifiques.

​« Il est fortement probable que la décision de mettre fin au programme ait été motivée par des critères non-techniques », précise l’avis de la juge dans son analyse préliminaire.

 

​Bien que cette victoire soit célébrée par les organisations de défense des droits des migrants, elle n’est que temporaire :

  • Maintien du statut : L’injonction reste en vigueur tant que le procès sur le fond n’a pas déterminé la légalité définitive de la suppression du TPS.
  • Contestations à venir : L’administration devrait faire appel de cette décision pour tenter de rétablir son calendrier d’expulsion.
  • Permis de travail : Les documents actuels (EAD) restent valides par extension automatique grâce à cette décision de justice.

​« C’est un jour de victoire pour la justice et l’humanité », a déclaré l’un des avocats des plaignants à la sortie du tribunal. Pour l’heure, 350 000 familles peuvent à nouveau respirer, au moins le temps que la bataille juridique se poursuive.

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