​Haïti/Alerte sécuritaire : Le SPNH-17 dénonce une « formation bâclée » pour la 35e promotion de la PNH

Le Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH-17) a tiré la sonnette d’alarme ce vendredi 23 janvier 2026, fustigeant la précipitation entourant l’intégration de 877 nouveaux agents. Alors que ces policiers viennent de boucler leur cursus à l’École Nationale de Police (ENP), le syndicat estime que leur préparation est insuffisante pour affronter la réalité brutale du terrain.

​Entrée en formation le 5 octobre 2025, la 35e promotion a rejoint les rangs actifs en un peu moins de quatre mois. Pour le SPNH-17, ce délai est dérisoire face à la complexité de la crise sécuritaire actuelle. Le syndicat qualifie cette instruction de « bâclée », soulignant qu’un policier mal préparé est une cible vulnérable pour les gangs armés qui contrôlent une grande partie de la capitale.

​Dans sa note d’alerte, l’organisation syndicale pointe plusieurs dangers majeurs :

  • Mise en péril de la vie des agents : Le manque de maîtrise tactique et technique expose directement ces recrues lors des interventions dans les quartiers dits « zones de non-droit ».
  • Affaiblissement institutionnel : L’intégration massive d’agents dont les compétences ne sont pas pleinement consolidées risque de fragiliser l’efficacité globale de la PNH.
  • Sécurité des civils : Une mauvaise manipulation d’armes ou une gestion inappropriée du stress en situation de combat augmentent les risques de dommages collatéraux.

​Cette sortie du SPNH-17 contraste avec l’enthousiasme affiché par le gouvernement et la direction générale de la PNH. Lors de la cérémonie de graduation, le Directeur Général Vladimir Paraison a salué l’engagement de ces jeunes policiers, considérés comme un renfort indispensable pour reprendre le contrôle du territoire. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait, dès leur entrée en formation, réitéré son soutien à cette cohorte baptisée sous le signe de la reconquête de l’autorité de l’État.

​La controverse souligne le dilemme actuel des autorités haïtiennes : faut-il privilégier le nombre pour combler le déficit criant d’effectifs, ou la qualité pour garantir des opérations professionnelles ? Pour le SPNH-17, la réponse est claire : envoyer des policiers inexpérimentés au front sans une formation rigoureuse s’apparente à une « mission suicide ».

About Echojounal

Check Also

Haïti/Transition: Le Comité de Pilotage de Montana salue la révocation d’Alix Didier Fils-Aimé

Dans une prise de position ferme, le Comité de Pilotage de l’Assemblée des Signataires (CPAS) …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partager
Partager