Haïti/Carnaval 2026 : Le pouvoir de facto lance les festivités pour masquer l’échec du Conseil de Transition chacun a son tour

Dans une manœuvre perçue par beaucoup comme une tentative de distraction politique, le gouvernement de facto a officiellement lancé la saison carnavalesque 2026. Cette annonce survient alors que le Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT) s’efface, laissant derrière lui un bilan contesté et une population sceptique face à ce qui ressemble à une nouvelle « insulte à l’intelligence ».

​Le Secrétaire d’État à la Communication, Bendgy Tilias, a dévoilé sur son compte X le thème de l’année : « Ayiti Devan ! ». Le coup d’envoi est prévu pour le dimanche 18 janvier. Mais derrière les mots de « communion » et d’« exaltation », la réalité politique est bien plus sombre.

​L’annonce de cette saison de festivités coïncide avec la dissolution de fait ou l’essoufflement terminal du Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT). Cet organe, qui devait stabiliser le pays et mener vers des élections, s’est heurté à des luttes intestines et à une incapacité chronique à rétablir la sécurité.

​Pour de nombreux observateurs, le passage soudain à l’agenda culturel est une stratégie délibérée pour détourner l’attention de l’échec cuisant de cette transition. En brandissant les décibels du carnaval, le pouvoir de facto tente de clore le chapitre du CPT sans avoir à rendre de comptes sur les promesses non tenues.

​Le choix du slogan « Ayiti Devan ! » (Haïti devant) provoque une pointe d’ironie dans les rues de la capitale. Comment parler de « mettre Haïti devant » quand les institutions sont au point mort ?

​« Ils pensent que le peuple oubliera la crise dès qu’il entendra un char musical. C’est jouer avec l’intelligence de la population que de proposer des défilés alors que les déplacés internes ne peuvent toujours pas regagner leurs maisons », s’insurge un leader communautaire du Bel-Air.

 

​L’exécutif semble parier sur la « soupape de sûreté » que représente traditionnellement le carnaval pour apaiser les colères. Pourtant, cette année, la manœuvre est jugée trop flagrante : utiliser la culture comme un anesthésiant politique pour masquer le vide laissé par la fin du CPT.

​Le lancement officiel du 18 janvier 2026 se fera sous haute surveillance. Le gouvernement de facto devra répondre à deux défis majeurs qu’il n’a pas su résoudre durant la période de transition :

  • La sécurité : Comment garantir la « communion » dans des zones encore sous l’influence des groupes armés ?
  • La légitimité : Comment justifier les dépenses somptuaires du carnaval alors que le processus électoral est au point mort ?

​En tentant de noyer les échecs politiques dans l’effervescence du rara et du compas, le pouvoir de facto joue une carte risquée. La population, dont on tente de manipuler l’attention, pourrait bien transformer les stands de défilé en tribunes de protestation.

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