Dans une note de presse datée du 13 janvier 2026, le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) a annoncé son intention de porter plainte contre le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance du Cap-Haïtien, Me Eno Zéphirin. Le réseau dénonce des actes de violence et un abus d’autorité flagrant sur la personne d’Emmanuel Lundi.
L’image de la justice haïtienne est une nouvelle fois mise à mal. Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) ne décolère pas après la diffusion de vidéos montrant des scènes de violence impliquant le chef du parquet du Cap-Haïtien. Selon l’organisation, Me Eno Zéphirin et sa garde rapprochée se seraient rendus coupables de voies de fait sur un citoyen, Emmanuel Lundi, alors que ce dernier était déjà sous contrôle, menotté et incapable de nuire.
Au-delà des violences physiques, le RHAJAC soulève des pratiques d’un autre âge. Citant des sources concordantes, le secrétaire général du réseau, Djovany Michel, affirme que la victime aurait été contrainte de signer une lettre d’excuses en échange de sa libération.
« Ces faits constituent un abus d’autorité grave et inacceptable », martèle la note de presse.
Pour les défenseurs de la liberté de la presse et de la lutte contre la corruption, cette « transaction » forcée est une entrave aux principes fondamentaux du droit et une exploitation de la vulnérabilité des citoyens face à la puissance publique.
Le RHAJAC ne se contente pas d’une dénonciation publique. Le réseau annonce le dépôt imminent d’une plainte formelle auprès du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) ainsi qu’auprès du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ). L’objectif est clair : obtenir la révocation de Me Eno Zéphirin.
L’organisation demande également que le processus de certification du magistrat soit rigoureusement examiné. Pour le RHAJAC, un magistrat impliqué dans de telles dérives ne doit bénéficier d’aucune validation sans une enquête approfondie, et ce, afin d’éviter tout risque de récidive.
Un point crucial de la note souligne la responsabilité de l’État : le RHAJAC estime que les sanctions disciplinaires et judiciaires doivent être maintenues, même si la victime décidait, sous pression ou par choix, d’abandonner les poursuites.
Cette affaire relance le débat sur l’impunité des agents de la fonction publique en Haïti. Alors que la crédibilité de l’institution judiciaire est souvent remise en question, la réaction du MJSP et du CSPJ sera scrutée de près par la société civile et les organisations internationales.
À l’heure actuelle, le Parquet du Cap-Haïtien n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations.
Echojounal echojounal.net