Haïti/PNH : Graduation de la 35e promotion sur fond de graves accusations de clientélisme

Ce vendredi 23 janvier 2026, l’Académie Nationale de Police a célébré la graduation de sa 35e promotion. Si le haut commandement se félicite du renforcement des effectifs, l’Organisation Réelle pour le Développement des Droits Humains (ORDEDH) monte au créneau pour dénoncer un processus de recrutement « entaché d’irrégularités » et une menace directe pour la sécurité nationale.

​L’ambiance était aux festivités à la route de Frères, mais pour l’ORDEDH, le cœur n’est pas à la fête. Dans une déclaration cinglante, l’organisme de défense des droits humains a brisé l’enthousiasme officiel en pointant du doigt les dérives qui auraient marqué la formation de ces nouveaux agents. Au centre des critiques : le DG de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison, accusé de privilégier la quantité au détriment de la qualité.

​L’organisation dénonce l’obstination de la Direction Générale dans ce qu’elle appelle le « projet P4000 ». Selon l’ORDEDH, cette course aux chiffres sacrifie l’excellence académique et l’éthique professionnelle sur l’autel de la statistique.

​« Le commandement sacrifie l’excellence académique pour remplir des quotas », déplore l’organisation, soulignant que deux correspondances (adressées les 31 octobre et 21 novembre 2025) et plusieurs rencontres visant à « assainir le processus » sont restées lettre morte.

​L’un des points les plus alarmants soulevés par l’organisme est celui de la partisanerie et du clientélisme. En dépit des alertes lancées pour éviter que le recrutement ne serve des intérêts politiques ou personnels, l’ORDEDH affirme que le constat est « amer ». Pour les défenseurs des droits humains, une police affaiblie par de telles pratiques ne peut garantir la protection des citoyens.

​L’organisation exprime d’ores et déjà ses « plus vives réserves » quant aux prestations futures de ces nouveaux diplômés sur le terrain. Plus grave encore, elle prédit une « catastrophe » pour la 36e promotion si aucun redressement immédiat n’est opéré, menaçant ainsi l’ossature même de l’institution policière.

​Prenant à témoin la société civile et la communauté internationale — notamment l’Ambassade des États-Unis, du Canada et l’ONU (PNUD) — l’ORDEDH appelle à une « vigilance accrue ». Le message est clair : la sécurité nationale ne se décrète pas par le simple nombre d’uniformes dans les rues, mais par la compétence et l’intégrité de ceux qui les portent.

​À l’heure où Haïti fait face à des défis sécuritaires sans précédent, ces accusations jettent une ombre sérieuse sur la capacité de la PNH à se réformer durablement. Contactée, la Direction Générale de la PNH n’avait pas encore réagi officiellement à ces allégations au moment de mettre sous presse.

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