L’Afrique du Sud en deuil : disparition de Mosiuoa Lekota, figure historique de la lutte anti-apartheid

C’est une page de l’histoire politique sud-africaine qui se tourne. Mosiuoa Lekota, ancien ministre de la Défense et figure emblématique de la lutte contre le régime ségrégationniste, s’est éteint ce mercredi matin 4 mars 2026. Âgé de 77 ans, celui que l’on surnommait affectueusement « Terror » a succombé des suites d’une longue maladie.

 

​Né en 1948, Mosiuoa Lekota a consacré sa vie à la quête de liberté dans une Afrique du Sud déchirée par l’apartheid. Son engagement lui a valu des années d’incarcération, notamment sur l’île-prison de Robben Island, aux côtés de Nelson Mandela. C’est durant ses années de militantisme sportif qu’il hérite de son pseudonyme, en raison de sa détermination sur les terrains de football, une ténacité qu’il transposera plus tard dans l’arène politique.

 

​Après l’avènement de la démocratie en 1994, il occupe des fonctions de premier plan au sein de l’État :

​Premier Premier ministre de la province de l’État libre.

​Président du Conseil national des provinces.

​Ministre de la Défense sous la présidence de Thabo Mbeki.

 

​Le tournant majeur de sa carrière survient en 2008. En désaccord profond avec la direction prise par le Congrès National Africain (ANC) après l’éviction de Thabo Mbeki, Lekota choisit la voie de la dissidence.

 

​Il fonde alors le Congrès du Peuple (COPE), devenant l’un des critiques les plus virulents de la corruption et des dérives de son ancien parti. Bien que le COPE ait connu des fortunes diverses au fil des scrutins, Lekota est resté jusqu’à son dernier souffle une voix morale influente, prônant le respect strict de la Constitution.

​Dès l’annonce de son décès, les hommages ont afflué de tout l’échiquier politique. Le président Cyril Ramaphosa a salué la mémoire d’un homme d’exception :

​« Nous avons perdu un véritable combattant de la liberté et un serviteur dévoué du peuple. Mosiuoa Lekota a sacrifié sa jeunesse pour que nous puissions vivre dans une nation libre et démocratique. Son héritage restera gravé dans les fondations de notre démocratie. »

 

La nation sud-africaine s’apprête désormais à rendre un dernier hommage à celui qui, par-delà les clivages, incarnait une certaine idée de l’intégrité politique.

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