Pendant que la population haïtienne suffoque sous l’emprise des gangs et l’inflation galopante, le Palais National et la Primature continuent d’offrir le spectacle affligeant d’une lutte de pouvoir stérile. Le dernier épisode en date, mettant en scène les remords soudains du conseiller Smith Augustin face au Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé, n’est qu’une preuve supplémentaire de la déchéance de notre classe dirigeante.
On nous rapporte que Smith Augustin, après avoir tenté de renverser le chef du gouvernement, a dû faire son « mea culpa » ce samedi. Ce revirement n’a rien d’une prise de conscience patriotique. C’est le geste désespéré d’un homme politique acculé, lâché par ses pairs et effrayé par le mépris de ses propres alliés.
Comment accorder le moindre crédit à un dirigeant qui jure fidélité le samedi, signe une trahison le mardi, et revient demander pardon le samedi suivant ? Cette versatilité prouve que les membres du Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT) ne sont pas guidés par une vision pour le pays, mais par de vulgaires calculs de survie personnelle.
Le plus révoltant reste l’influence démesurée de l’international dans cette comédie. Le texte est clair : Augustin a agi par « fureur » après un message des Américains. Aujourd’hui, il mendie des « garanties » auprès de ces mêmes tuteurs étrangers.
Il est désormais évident que ni le CPT, ni Alix Didier Fils-Aimé ne dirigent réellement. Ils ne sont que des acteurs de seconde zone qui attendent le signal de Washington pour savoir s’ils doivent s’embrasser ou s’entredéchirer. Pendant qu’ils se battent pour des strapontins et des privilèges, ils soumettent l’avenir de tout un peuple aux désidératas des chancelleries étrangères.
Pendant que ces « dirigeants » passent leur temps à comploter dans des salons climatisés, la réalité du terrain est atroce. La guerre pour leurs intérêts personnels occulte l’urgence sécuritaire et humanitaire.
Le constat est amer : Nous avons au sommet de l’État des individus qui ne tiennent pas parole, qui ne se respectent pas entre eux, et qui respectent encore moins le mandat de transition qui leur a été confié.
Ce n’est pas d’un « mea culpa » dont Haïti a besoin, mais d’une rupture totale avec cette politique de soumission et de trahison. Tant que le CPT et la Primature resteront verrouillés dans cette lutte d’ego sous tutelle internationale, le pays continuera sa descente aux enfers.
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