Haïti/Insécurité : une lycéenne de 16 ans tuée par des tirs policiers en sortant de l’église

La cité de Nissage Saget est sous le choc. Amanda Charléus, une adolescente de 16 ans, a été mortellement atteinte par des balles policières le samedi 3 janvier 2026. Le drame s’est produit lors d’une poursuite engagée par les forces de l’ordre contre un véhicule suspect au cœur de la ville.

​ La tristesse et l’indignation se sont emparées de la ville de Saint-Marc suite au décès brutal d’Amanda Charléus. L’adolescente, élève en classe de Secondaire 3, a été fauchée par des projectiles tirés par des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans des circonstances qui soulèvent de vives critiques sur l’usage de la force.

​Selon les témoignages recueillis sur les lieux, Amanda Charléus venait tout juste de quitter son église ce samedi après-midi lorsqu’elle s’est retrouvée au milieu d’une intervention policière. Une patrouille tentait d’intercepter un véhicule Toyota RAV4 gris, dont les vitres teintées auraient attiré l’attention des agents.

​Sommé de s’arrêter, le conducteur du SUV aurait refusé d’obtempérer, accélérant pour prendre la fuite. C’est à cet instant que les policiers ont ouvert le feu en direction du véhicule. Malheureusement, les tirs ont atteint la jeune fille qui se trouvait à proximité. Amanda, 16 ans, a succombé à ses blessures peu de temps après, laissant ses proches et ses camarades de classe dans une douleur incommensurable.

​Ce drame relance le débat sur les protocoles d’intervention des forces de l’ordre en milieu urbain et la dangerosité des poursuites pour les passants. Si la PNH justifie souvent ses interventions par la traque de véhicules suspects utilisés par des réseaux criminels, l’usage d’armes à feu dans une zone fréquentée par des civils est aujourd’hui pointé du doigt par la population saint-marcoise.

​Dès l’annonce du décès, des voix se sont élevées pour réclamer que toute la lumière soit faite sur cette tragédie. La famille de la victime, anéantie par cette perte, ainsi que des organisations locales de défense des droits humains, exigent une enquête immédiate de l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH) et des autorités judiciaires.

​« Amanda était une élève prometteuse, elle avait toute la vie devant elle. Elle ne peut pas devenir une simple « victime collatérale » sans que des responsabilités ne soient établies », a déclaré un proche de la famille.

​Pour l’heure, la Direction Départementale de l’Artibonite de la PNH n’a pas encore publié de communiqué officiel détaillant l’identité des agents impliqués ou les mesures administratives prises à leur encontre.

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