Quand Washington piétine le droit maritime international

L’arraisonnement du pétrolier russe Marinera ce mercredi 7 janvier 2026 par les forces américaines ne marque pas seulement un succès militaire pour l’administration Trump. Il consacre surtout une ère de « piraterie d’État » où la force brute de Washington se substitue désormais aux instances de régulation internationales.

​Le message envoyé par Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, est sans équivoque : le blocus américain s’applique « partout dans le monde ». Mais derrière cette posture de fermeté se cache une réalité juridique bien plus sombre. En saisissant un navire sous pavillon russe en haute mer, au large de l’Islande, les États-Unis viennent de franchir une ligne rouge qui fait voler en éclats la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

​L’opération menée par les garde-côtes du Munro est qualifiée de « vol » et de « piraterie navale » par Moscou et Caracas. À juste titre, selon plusieurs experts en droit international :

  • L’absence de mandat onusien : Le blocus imposé au Venezuela est une mesure unilatérale américaine. En l’absence d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, l’interception d’un navire étranger dans les eaux internationales constitue une violation flagrante de la souveraineté nationale.
  • Le précédent dangereux : En s’autorisant à inspecter et saisir des navires sur la simple suspicion de « liens avec le Venezuela », Washington s’octroie un droit de police mondiale qui ignore les frontières et les pavillons.

​La critique ne vient pas seulement de l’axe Moscou-Caracas. À Pékin, le ministère des Affaires étrangères s’est dit « profondément choqué » par cette agression qui « menace la paix et la sécurité dans les voies de navigation internationales ». Pour de nombreux observateurs, l’argument du « narcoterrorisme » utilisé par la Maison-Blanche n’est qu’un paravent commode.

​L’objectif réel semble être le contrôle absolu des ressources énergétiques. Alors que Donald Trump a déjà annoncé que le Venezuela « livrerait des dizaines de millions de barils » aux États-Unis après la capture de Nicolás Maduro, la saisie du Marinera ressemble davantage à une opération de confiscation de butin de guerre qu’à une application de la loi.

​En ignorant les avertissements russes et en défiant l’escorte navale dépêchée par Moscou, les États-Unis jouent un jeu dangereux. Cette « hostilité idéologique », comme le dénonce le Kremlin, place le monde au bord d’un affrontement direct entre puissances nucléaires pour de simples cargaisons de brut.

​Le silence, ou le soutien timide, de certains alliés européens face à cette violation du droit maritime interroge. Si demain n’importe quelle puissance peut arraisonner un navire de commerce sous prétexte de sanctions unilatérales, c’est l’ensemble du commerce mondial qui devient l’otage des ambitions géopolitiques d’une seule nation.

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