Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) réclame la révocation immédiate et des poursuites judiciaires contre le Commissaire du Gouvernement du Cap-Haïtien, Me Eno Zéphirin. Une vidéo virale le montre en train de frapper un citoyen déjà menotté.
La cité de Christophe est le théâtre d’un scandale judiciaire qui ébranle les fondements de l’État de droit dans le Nord du pays. Le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance du Cap-Haïtien, Me Eno Zéphirin, est directement visé par une note d’alerte cinglante du RHAJAC, publiée ce dimanche 11 janvier.
Les événements se sont déroulés le vendredi 9 janvier dernier sur le boulevard de Carénage, alors qu’une opération de démolition d’entreprises jugées non conformes battait son plein sous l’égide de la délégation départementale.
Selon les témoignages et une vidéo circulant largement sur les réseaux sociaux, une altercation a éclaté entre le magistrat et un citoyen. Si le commissaire affirme avoir été agressé, les images dépeignent une réalité plus complexe : on y voit le présumé agresseur, déjà maîtrisé et menotté par les agents de sécurité du magistrat, recevoir des coups et des gifles administrés personnellement par Me Eno Zéphirin.
Pour le RHAJAC, ces agissements sont inadmissibles. « Aucune situation de légitime défense ne peut être retenue alors que l’individu ne représentait plus aucune menace immédiate », martèle Djovany Michel, secrétaire général de l’organisation.
Le réseau dénonce un abus d’autorité flagrant et une justice expéditive qui bafoue les principes élémentaires des droits de l’homme. Selon la note d’alerte, la victime a non seulement été violentée physiquement, mais a également été placée en garde à vue de manière « manifestement illégale » après l’incident.
Le RHAJAC ne se contente pas d’une simple dénonciation. L’organisation exige du Ministère de la Justice :
- La révocation immédiate du commissaire Eno Zéphirin ;
- L’ouverture de poursuites judiciaires pour violences et abus de pouvoir ;
- Le dédommagement intégral de la victime pour les préjudices subis.
Cette affaire remet sous les projecteurs la question de l’impunité des agents de l’État en Haïti. Pour les observateurs, la réaction des autorités de tutelle sera un test crucial pour la crédibilité du système judiciaire haïtien en ce début d’année 2026.
Au moment de la mise sous presse, le bureau du Commissaire Zéphirin n’avait pas encore réagi officiellement à ces demandes de révocation.
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