Les États-Unis tentent de sortir de la torpeur après le passage de la tempête hivernale Fern. Entre records de froid, coupures d’électricité massives et un bilan humain qui s’alourdit, le pays fait face à l’une des catastrophes climatiques les plus coûteuses de son histoire récente.
Alors que les flocons cessent enfin de tomber sur la côte Est, l’heure est au premier bilan. Ce qui avait commencé comme une dépression classique s’est transformé en un « monstre météorologique » s’étendant du Texas au Maine, plaçant près de 70 % de la population américaine sous alerte grand froid.
Le dernier rapport consolidé fait état d’au moins 42 décès à travers le pays. Si le froid extrême reste la cause principale (hypothermie), la tempête a multiplié les situations périlleuses : accidents de la route en chaîne sur des chaussées verglacées, intoxications au monoxyde de carbone dues à des générateurs défectueux, et un tragique crash aérien dans le Maine lié à un givrage massif des ailes.
À New York, où l’on a mesuré jusqu’à 38 cm de neige par endroits, les services d’urgence ont été débordés par des appels liés à la détresse respiratoire et aux chutes.
Le réseau électrique national a montré ses limites face à la chute brutale des températures. Ce matin, 550 000 foyers demeurent dans le noir et sans chauffage, principalement dans les États du Sud comme le Mississippi et la Louisiane, peu habitués à de telles chutes de neige.
Transports : Le ciel américain est resté quasi vide ce week-end avec plus de 10 000 annulations de vols, un chiffre record qui a laissé des centaines de milliers de voyageurs bloqués dans les hubs de Chicago, Atlanta et JFK.
Au-delà du drame humain, l’impact économique est vertigineux. Les premières estimations d’AccuWeather évaluent les pertes entre 105 et 115 milliards de dollars.
Ce chiffre astronomique s’explique par la paralysie totale des chaînes de logistique terrestres pendant quatre jours, les fermetures massives de commerces et les dégâts structurels causés par le gel sur les conduites d’eau et les infrastructures énergétiques.
« C’est un événement générationnel », souligne un météorologue du National Weather Service. « La rapidité de la chute de pression et l’étendue géographique de la tempête ont créé un effet de compression sur les services de secours que nous n’avions pas vu depuis des décennies. »
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