C’est une première depuis plus de quatre ans. Ce mardi, la monnaie unique européenne a brisé le plafond symbolique des 1,20 dollar. Alors que les marchés s’inquiètent de l’érosion de la devise américaine, le président Donald Trump affiche une sérénité déconcertante, qualifiant la santé du dollar de « formidable ».
Le billet vert vacille, mais la Maison-Blanche ne sourcille pas. En début d’après-midi, l’euro s’échangeait à 1,2042 $, son plus haut niveau depuis la fin de l’année 2021. Ce mouvement haussier de la monnaie unique, amorcé dès l’ouverture des marchés asiatiques, s’est accéléré suite aux dernières déclarations présidentielles.
Le dollar « se porte très bien », selon Trump
Interrogé sur cette perte de terrain face à l’euro, Donald Trump a balayé les craintes des économistes d’un revers de main. « Le dollar se porte très bien, il est formidable », a-t-il lancé aux journalistes depuis le Bureau ovale.
Pour de nombreux observateurs, cette « indifférence » apparente cache en réalité une stratégie délibérée. En laissant le dollar s’affaiblir, l’administration Trump cherche à doper la compétitivité des exportations américaines. Une monnaie faible rend les produits « Made in USA » moins chers à l’étranger, un pilier central du programme de réindustrialisation du président.
Un cocktail de facteurs défavorables au billet vert
Si la posture politique joue un rôle, le dollar est également fragilisé par un environnement économique complexe :
* Les tensions protectionnistes : Les menaces persistantes de nouveaux droits de douane envers le Canada et l’Europe créent une volatilité qui pousse les investisseurs vers d’autres devises.
* La pression sur la Fed : Le marché anticipe une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale, une mesure que Donald Trump appelle de ses vœux pour soutenir la croissance, mais qui diminue mécaniquement l’attrait du dollar.
* La ruée vers l’or : Signe d’une méfiance généralisée, l’or a franchi cette semaine le seuil historique de 5 000 $ l’once, les investisseurs cherchant des refuges hors du système monétaire classique.
Quelles conséquences pour l’Europe ?
Côté européen, ce franchissement de seuil est une arme à double tranchant. Si un euro fort permet de limiter l’inflation en réduisant le coût des importations d’énergie (payées en dollars), il pèse lourdement sur les géants de l’exportation — notamment l’automobile et l’aéronautique — dont les marges pourraient s’effriter.
Ce soir, à Francfort, la Banque Centrale Européenne (BCE) observe la situation de près. Le silence de Washington, combiné à l’optimisme provocateur de Donald Trump, pourrait forcer les institutions européennes à réagir pour éviter que l’euro ne s’envole trop haut.
> À retenir : Le taux EUR/USD a gagné plus de 2,5 % en moins d’un mois, illustrant le basculement des forces économiques mondiales en ce début d’année 2026.
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