Pendant que les membres du Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT) et le Premier ministre de facto s’écharpent dans un bras de fer indécent pour le contrôle d’un pouvoir moribond, la province sombre dans l’horreur. Le massacre de Tèt Ka Jak, ce vendredi 30 janvier 2026, est le dernier rappel sanglant de l’échec total d’une transition en faillite.
Le réveil a été brutal pour la section communale de Macary, à Marigot. Tôt ce vendredi matin, alors que le pays s’approche de l’échéance fatidique du 7 février, des hommes armés ont transformé la localité de Tèt Ka Jak en un véritable enfer. Le bilan est lourd, insupportable : au moins sept citoyens lâchement assassinés, quatre blessés par balles, des maisons réduites en cendres et des moyens de subsistance volés.
Ce n’est plus seulement Port-au-Prince qui suffoque. La gangrénisation atteint désormais des zones autrefois paisibles comme Marigot. Mais alors que les familles pleurent leurs morts et que les rescapés contemplent les décombres de leurs vies, quelle est la priorité au sommet de l’État ?
Il est difficile de ne pas ressentir une colère profonde face au spectacle que nous offrent les membres du Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT) et le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé. À quelques jours de la fin théorique de leur mandat, ces « dirigeants » semblent plus préoccupés par leur survie politique que par celle de la population.
- Guerre de clans : On assiste à des tentatives de révocation mutuelle, des résolutions signées en cachette et des querelles de palais dignes d’une mauvaise pièce de théâtre.
- L’échec comme bilan : Quel est le résultat de leur gestion après des mois à la tête du pays ? La sécurité est inexistante, les élections sont un mirage, et l’autorité de l’État est une fiction qui s’arrête aux murs de leurs bureaux blindés.
- Indécence politique : Se battre pour savoir qui gardera le sceptre d’un pays en ruines, alors que le sang des innocents de Macary est encore chaud, relève d’une insensibilité révoltante.
Comment ces acteurs peuvent-ils encore prétendre à une quelconque légitimité alors qu’ils ont échoué sur toute la ligne ? Le CPT, censé incarner un « compromis historique », n’est devenu qu’un ring où chaque secteur défend ses intérêts mesquins. Pendant ce temps, le Premier ministre de facto s’accroche, naviguant à vue dans un océan d’impuissance.
Le massacre de Marigot n’est pas qu’un fait divers de plus ; c’est le symbole d’un État qui a démissionné. Si les membres du CPT et le chef du gouvernement mettaient autant d’énergie à traquer les bandits qu’ils en mettent à se combattre entre eux, peut-être que les habitants de Tèt Ka Jak auraient pu dormir en paix cette nuit.
Le 7 février approche. Le peuple attend de la sécurité, pas des communiqués de presse sur vos conflits internes. Il est temps que cette « transition de l’échec » rende des comptes au lieu de mendier des prolongations sur le dos des cadavres.
Echojounal echojounal.net