Haïti/Insécurité : Le RENAJOUH accuse la Police de trahison après l’exécution présumée de deux journalistes

Dans une note de presse cinglante publiée ce samedi 21 mars 2026, le Réseau National des Journalistes Haïtiens (RENAJOUH) brise le silence sur le sort des journalistes Osnel Espérance (Radio Uni) et Junior Célestin (Radio-Télé Méga Star). L’association pointe du doigt une collaboration fatale avec la Police Nationale d’Haïti (PNH) qui aurait conduit à leur exécution sommaire par le gang « Baz 5 Segond ».

Le RENAJOUH a officiellement pris acte du communiqué du Ministère de la Culture et de la Communication daté du 18 mars 2026. Cependant, pour l’organisation syndicale, le compte n’y est pas. Là où les familles et les confrères attendaient des garanties de sauvetage et des actions concrètes, le Gouvernement s’est contenté d’une « condamnation de principe ».
« Le communiqué ne comble pas nos attentes », fustige le directoire du RENAJOUH, déplorant que l’État se soit limité à dénoncer l’enlèvement sans offrir de perspectives réelles sur la survie des deux travailleurs de la presse.

Le cœur du texte révèle une dimension tragique : Osnel Espérance et Junior Célestin auraient agi comme informateurs pour la PNH. Selon des sources jugées crédibles par le Réseau, les journalistes auraient été piégés suite à un appel alors qu’ils se trouvaient au Champ-de-Mars vendredi dernier.

Une fois séquestrés au Village-de-Dieu, les membres du gang mené par le chef de gang Izo auraient procédé à une fouille systématique de leurs téléphones portables. Ils y auraient découvert des preuves de communications — audios et vidéos — transmises par les journalistes à des responsables de la police pour faciliter leur localisation.

Les révélations du RENAJOUH font état d’un dénouement d’une horreur absolue. Suite à la découverte de leur statut d’informateurs, les deux confrères auraient été exécutés. La note mentionne des actes de mutilation atroces avant que leurs restes ne soient jetés aux chiens.

Face à ce scénario d’épouvante, le silence de la Police Nationale d’Haïti est perçu comme un aveu de culpabilité. « Ce silence traduit que nos deux confrères ont été trahis par cette même institution qui a pour mission de protéger et servir », dénoncent Jonas Montes et ses collègues du directoire.

Un appel désespéré à la coalition « VIV ANSANM »
Malgré ces informations alarmantes, un mince espoir subsiste chez les proches. Lors d’une conférence de presse tenue lundi dernier, les responsables de Radio Uni et Radio-Télé Méga Star ont lancé un appel public à la coalition criminelle « VIV ANSANM ». Ils exigent une preuve de vie ou, à défaut, une libération sans condition.

À ce jour, plus d’une semaine après leur disparition dans la zone de la Grand-Rue, aucun contact de rançon n’a été établi avec les familles, renforçant les craintes d’une issue fatale.

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