L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a dressé un bilan alarmant : depuis le 10 mai 2026, plus de 5 300 résidents de Cité Soleil ont abandonné leurs foyers pour fuir la terreur des gangs. Derrière ces chiffres, une partie de l’opinion publique et des observateurs dénoncent une passivité, voire une complicité, du gouvernement de facto et des instances internationales.
Sur les 5 300 personnes recensées, plus de la moitié s’entasse désormais dans 12 sites de fortune. Les autres tentent de survivre au sein de familles d’accueil, dans des quartiers déjà asphyxiés par la précarité. Pour de nombreux analystes, ce nouvel exode n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une absence de volonté politique de sécuriser la zone la plus vulnérable de la capitale.
Malgré l’intensification des assauts des groupes armés depuis dimanche dernier, la réponse des autorités reste, pour beaucoup, dérisoire. L’absence de déploiement sécuritaire d’envergure pour protéger les civils alimente les soupçons de complicité.
« Le laisser-faire du gouvernement de facto face à l’expansion territoriale des gangs suggère une stratégie de chaos contrôlé », avance un chercheur en sociologie politique sous couvert d’anonymat.
En ne reprenant pas le contrôle des axes stratégiques, le pouvoir en place est accusé de privilégier le statu quo au détriment de la vie des citoyens de Cité Soleil.
Le rôle des partenaires internationaux est également scruté. Si l’OIM remplit sa mission de documentation, l’action concrète de la communauté internationale pour stopper le flux d’armes ou stabiliser réellement le pays se fait attendre.
Les critiques se multiplient contre une diplomatie jugée hypocrite : d’un côté, des communiqués exprimant des « préoccupations », de l’autre, un soutien maintenu à une gouvernance incapable d’assurer les droits fondamentaux de sa population. Ce soutien est perçu par une frange de la population comme un blanc-seing accordé aux autorités de facto pour ignorer l’urgence humanitaire.
Pendant que les discussions politiques s’éternisent, les déplacés de Cité Soleil font face à une crise sanitaire imminente. Dans les 12 sites recensés par l’OIM, l’accès à l’eau et à la nourriture est critique. Sans une rupture radicale avec la gestion actuelle, ces milliers de déplacés risquent de devenir les éternels oubliés d’un conflit qui semble ne déranger personne au sommet de l’État.
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