La rentrée scolaire approche-t-elle sous de sombres auspices ? Alors que le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) s’apprête à donner le coup d’envoi de l’année académique 2026-2027, la contestation monte au sein de la communauté éducative. Dans un communiqué au ton ferme, le Collectif National des Enseignants Haïtiens pour une Éducation de Qualité (CONEHQ) qualifie de « précipitée » la décision du ministre Vijonet DEMERO et avertit qu’aucune rentrée normale ne sera possible sans un traitement préalable des crises majeures qui asphyxient l’école haïtienne.
Pour le CONEHQ, fixer une simple date sur le calendrier ne suffit pas à garantir une année scolaire réussie. Le Collectif pointe du doigt une réalité du terrain marquée par la détérioration continue du climat sécuritaire. Dans plusieurs régions du pays, de nombreux établissements demeurent fermés, détruits ou tout simplement inaccessibles pour les élèves et le corps professoral.
En ignorant ces contraintes structurelles, les autorités éducatives risquent, selon le syndicat, d’envenimer une situation déjà explosive à la veille de la réouverture des classes.
Au-delà du contexte sécuritaire, le malaise des enseignants repose sur des promesses non tenues. Le CONEHQ rappelle à l’État ses engagements, en particulier l’application intégrale de l’accord signé le 20 janvier 2023. Les revendications du personnel éducatif s’articulent autour de plusieurs axes jugés urgents :
Statut administratif : La nomination formelle des enseignants qui dispensent des cours depuis plusieurs années sans intégration officielle.
Conditions salariales : L’attribution effective de cartes de débit accompagnées d’un salaire mensuel fixe situé entre 25 000 et 30 000 gourdes, ainsi que le versement régulier des traitements.
Droits professionnels : La garantie de conditions de travail dignes et respectueuses de la profession.
Face à la dépréciation du niveau de vie des ménages, le CONEHQ interpelle directement les entités étatiques clés pour éviter un nouveau naufrage éducatif :
Le MENFP est invité à mettre en place des mesures d’accompagnement financier d’urgence au profit des familles les plus défavorisées pour alléger le coût des fournitures scolaires.
Le Fonds National de l’Éducation (FNE) se voit réclamer un plan d’envergure pour la réhabilitation et l’équipement des infrastructures scolaires dégradées.
Le Programme National de Cantines Scolaires (PNCS) doit assurer la distribution d’au moins un repas chaud quotidien et hygiénique à chaque élève pour lutter contre la précarité alimentaire à l’école.
En conclusion de son intervention, le CONEHQ lance un appel solennel aux autorités haïtiennes pour qu’elles privilégient le dialogue social et le respect des accords signés. Le syndicat prévient : tant que les droits des enseignants et les conditions de sécurité des élèves ne seront pas garantis, l’effectivité de l’année académique 2026-2027 restera de fait compromise.
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