Une escalade verbale et symbolique secoue le continent américain. Entre redéfinitions toponymiques unilatérales et cartes expansionnistes publiées sur les réseaux sociaux, la Maison-Blanche multiplie les provocations géographiques. Une situation qui a provoqué une réponse cinglante de la présidente mexicaine, bien décidée à défendre la souveraineté de son pays.
Depuis plusieurs mois, l’administration américaine semble s’adonner à une véritable « manie lexicale » consistant à débaptiser des espaces géographiques internationaux et domestiques. Après avoir rebaptisé le golfe du Mexique en « golfe des États-Unis » en 2025, la série s’est poursuivie avec le détroit d’Ormuz, renommé « détroit Trump ». La cadence s’est encore accélérée ces derniers jours : le lac Ontario a été rebaptisé « lac d’Amérique » il y a une semaine, tandis que l’État du Nouveau-Mexique a été affublé du nom de « Nouvelle-Amérique », le tout sur fond de velléités récurrentes d’appropriation du Groenland.
Mais le point de bascule a été franchi lundi. Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a publié une carte pour le moins équivoque, sur laquelle la bannière étoilée s’étend de manière hégémonique au nord sur le Canada, le Groenland et l’Islande, et s’affaisse au sud pour englober le Mexique, une partie de l’Amérique centrale, Cuba, la République dominicaine, la Jamaïque, ainsi que les Antilles françaises et l’ensemble des îles des Caraïbes.
Face à cette tentative d’annexion virtuelle et à ce mépris affiché des frontières reconnues, la réaction de Mexico n’a pas tardé. Lundi, la présidente Claudia Sheinbaum a pris la parole sur le réseau social X pour recadrer fermement Washington et rappeler les principes fondamentaux du droit international.
« En ce mois de la patrie, nous réaffirmons que le Mexique n’est et ne sera ni une colonie, ni un protectorat d’un quelconque pays étranger. Nous sommes, avec orgueil un pays libre, indépendant et souverain. »
En positionnant son pays en première ligne de la contestation, Claudia Sheinbaum s’impose comme la voix de la résistance latino-américaine face à ces dérives géopolitiques d’un nouveau genre, où la carte virtuelle le dispute à la diplomatie du mépris.
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