L’ombre des kidnappings sur la rentrée scolaire : l’impuissance des autorités de facto face à la terreur

Les promesses n’auront duré que quarante-huit heures. Alors que les autorités de facto pavanaient devant les caméras pour annoncer le déploiement spectaculaire de 10 750 policiers afin de garantir une rentrée des classes en toute sérénité, la brutalité du terrain est venue infliger un cinglant démenti à leur rhétorique sécuritaire. L’enlèvement de deux écoliers à Siloé, au cœur de la commune de Delmas, scelle le retour brutal d’une réalité que le pouvoir en place tente désespérément de maquiller : l’État est absent, et les bandes armées continuent de dicter leur loi.

Ce nouvel acte crapuleux ne représente pas seulement une tragédie individuelle pour les familles touchées ; il incarne la faillite systémique d’un régime de facto englué dans l’inertie. Comment prétendre protéger toute une nation quand plus de dix mille agents mobilisés ne parviennent même pas à sécuriser les périmètres scolaires d’une commune centrale ? Entre les discours d’assurance lisses distillés depuis les bureaux climatisés de la capitale et la vulnérabilité extrême des citoyens dans la rue, le fossé s’est changé en gouffre. Les annonces officielles ne relèvent désormais plus de la stratégie policière, mais de la communication cosmétique.

Sur le terrain, la psychose a immédiatement remplacé le court répit qu’espéraient les familles. Pour les parents, la rentrée scolaire ne relève plus du droit à l’éducation, mais du tirage au sort mortel. Une question lancinante hante désormais tous les esprits : que réserveront les prochains jours de classe ?

Si le risque d’enlèvement guette les enfants dès les premiers pas hors du domicile, la tentation sera grande pour des milliers de familles de tout simplement garder leurs enfants à la maison. L’école, refuge historique et vecteur d’espoir pour la jeunesse haïtienne, est en train d’être neutralisée par le désengagement de l’État. En laissant la peur paralyser le système éducatif, les autorités de facto ne font pas que subir la crise : par leur inaction et leur incapacité à offrir des garanties réelles, elles se rendent complices de la fermeture programmée des classes et du sacrifice d’une génération entière.

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