Chili : Le scandale des 56 pédophiles libérés qui fait trembler le ministère de la Justice

Le gouvernement chilien fait face à une vive polémique après la décision du ministre de la Justice d’accorder directement des réductions de peine à 56 personnes condamnées pour pédophilie, une initiative qui a provoqué l’indignation générale et contraint l’exécutif à suspendre le traitement de ces dossiers.

L’affaire puise ses origines dans une loi adoptée en 2022 qui exclut expressément les auteurs de crimes pédophiles du bénéfice de toute remise de peine. Malgré ce texte, plusieurs prisonniers condamnés avant son entrée en vigueur avaient continué de solliciter des aménagements de peine.

Sous les administrations précédentes de Sebastián Piñera (droite) et de Gabriel Boric (gauche), ces demandes étaient systématiquement rejetées par l’exécutif. Les détenus saisissaient alors les tribunaux, qui ont parfois tranché en leur faveur.

Mais l’actuel ministre de la Justice, Fernando Rabat Celis, a choisi de court-circuiter la voie judiciaire en accordant directement ces 56 remises de peine sans passer par les tribunaux. Pour justifier sa décision, le ministre a invoqué la jurisprudence passée ainsi que le principe constitutionnel de non-rétroactivité d’une loi pénale plus sévère .

Cette argumentation est fermement contestée par de nombreux juristes. Ces derniers rappellent que le ministère public avait toute latitude pour rejeter ces requêtes administratinement et aller défendre sa position devant la justice, comme l’avaient fait les gouvernements précédents.

Face au tollé suscité par ces révélations, le gouvernement a annoncé la suspension immédiate de l’instruction de toutes les demandes de remise de peine en cours et l’engagement de réformes législatives.

® RFI

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