Dans une décision qui fera date, la juge fédérale Allison Dale Burroughs a ordonné ce mardi 31 mars 2026 à l’administration Trump de suspendre l’annulation du statut légal de plus de 900 000 migrants. Cette décision qualifie d’« illégale » la révocation massive des autorisations accordées via l’application CBP One.
Le bras de fer judiciaire entre les défenseurs des droits humains et la Maison-Blanche a franchi une étape décisive à Boston. La juge Allison Dale Burroughs a enjoint le gouvernement fédéral de revenir sur sa décision de mettre fin au statut de séjour de près d’un million de personnes entrées sur le territoire américain sous le régime de la « libération conditionnelle humanitaire » (parole).
Un verdict fondé sur le droit procédural
Saisie en urgence, la magistrate a fondé son jugement sur l’irrégularité de la méthode employée par l’exécutif. Selon le rapport de l’agence Reuters, la juge Burroughs a estimé que l’administration ne pouvait pas révoquer de manière collective et arbitraire des statuts obtenus légalement par le biais de l’application CBP One, un outil mis en place pour réguler les entrées aux ports d’entrée officiels.
Dans son ordonnance, elle souligne que la résiliation abrupte de ces permis de séjour et de travail bafoue les procédures administratives établies. « Cette décision est illégale », a-t-elle tranché, forçant les autorités migratoires à maintenir les protections en vigueur pour ces 900 000 ressortissants étrangers.
Depuis l’annonce de la fin du programme par l’administration Trump au printemps 2025, une immense incertitude planait sur ces familles, encouragées jusque-là à l’« auto-déportation ». Le rétablissement de leur statut garantit, du moins temporairement, le maintien de leurs permis de travail et leur protection contre une expulsion immédiate.
Vers une bataille devant la Cour Suprême ?
Si cette décision représente une victoire significative pour les partisans d’une politique migratoire régulée, le conflit est loin d’être clos. Le Département de la Justice (DOJ) devrait, selon toute vraisemblance, interjeter appel de cette décision.
Ce dossier s’inscrit dans une série de revers judiciaires pour la Maison-Blanche, qui voit plusieurs de ses décrets migratoires, notamment ceux concernant le Statut de Protection Temporaire (TPS), contestés devant les tribunaux fédéraux à travers le pays.
L’application CBP One permettait aux demandeurs d’asile de prendre rendez-vous à la frontière pour entrer légalement aux États-Unis. La validité de ces entrées reste au cœur d’un débat national intense sur la gestion des frontières.
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