Frontière canadienne : 19 migrants haïtiens frôlent le drame en Montérégie.

Le froid glacial du Québec n’a pas suffi à décourager le désespoir. Dix-neuf migrants d’origine haïtienne, dont des jeunes enfants, ont été interceptés par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 décembre 2025 en Montérégie. Le groupe a tenté une traversée clandestine à pied dans des conditions climatiques extrêmes, illustrant une fois de plus la dangerosité des nouvelles routes migratoires.


‎C’est dans un secteur boisé et escarpé, à proximité de la frontière américaine, que les agents frontaliers ont localisé les 19 ressortissants haïtiens. Alertés par des dispositifs de surveillance, les policiers ont découvert des familles épuisées, luttant contre l’épaisse couche de neige et des températures avoisinant les -15°C.


‎Parmi les rescapés, la présence de jeunes enfants a particulièrement marqué les intervenants. Selon les premières constatations, plusieurs membres du groupe présentaient des signes avancés d’hypothermie et des engelures aux extrémités. Certains ne portaient que de simples baskets et des manteaux légers, totalement inadaptés à l’hiver canadien.

‎« Ils ont marché des heures durant dans le noir, guidés par l’espoir mais confrontés à une nature impitoyable », a confié une source proche des services de secours. Après avoir reçu des soins de première urgence sur place, le groupe a été transporté vers un centre de traitement pour être réchauffé et nourri.


‎Depuis la clôture officielle du chemin Roxham et la modification de l’Entente sur les tiers pays sûrs, les migrants ne peuvent plus se présenter simplement aux autorités sans risquer un renvoi immédiat vers les États-Unis. En conséquence, les demandeurs d’asile s’aventurent désormais dans des zones isolées et non surveillées, augmentant considérablement les risques de décès par exposition au froid.

‎Depuis janvier 2025, les tentatives de passage par les zones boisées de la Montérégie ont augmenté, malgré les risques de gelures mortelles.
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‎Quel sort pour les rescapés ?
‎Le dossier a été transféré à l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Le sort de ces 19 personnes reste incertain :
‎ * L’application de l’Entente : S’ils n’ont pas de famille proche au Canada, ils pourraient être renvoyés aux États-Unis en vertu des accords bilatéraux.
‎ * Le statut de réfugié : Si une exception est trouvée, ils pourront entamer une demande d’asile basée sur l’instabilité généralisée en Haïti.


‎À Montréal, les organisations de soutien aux Haïtiens dénoncent une situation « inhumaine ». Pour beaucoup, ces migrants fuient la violence des gangs à Port-au-Prince et l’incertitude politique, préférant risquer de mourir de froid plutôt que de rester dans l’impasse.

‎Cet incident survient alors que les discussions sur la régularisation des sans-papiers et l’accueil des réfugiés font rage au niveau fédéral. Une chose est sûre : tant que la crise en Haïti persistera, les forêts de la Montérégie continueront d’être le théâtre de ces tragédies humaines.

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