Gaza/Drame: trois journalistes tués par une frappe israélienne en plein cessez-le-feu

Mercredi 21 janvier 2026. Alors qu’une trêve fragile est en vigueur depuis octobre dernier, une frappe de l’armée israélienne a visé un véhicule dans le centre de l’enclave, coûtant la vie à trois journalistes palestiniens en mission humanitaire. Ce nouvel incident porte le bilan des professionnels des médias tués à plus de 200 depuis le début du conflit en octobre 2023.

​L’émotion est vive dans la bande de Gaza après l’annonce de la mort de trois figures de la presse locale. Le drame s’est produit ce mercredi matin à Al-Zahra, au sud-ouest de la ville de Gaza, lorsqu’un missile a pulvérisé un véhicule tout-terrain appartenant au Comité de secours égyptien.

​Les victimes ont été formellement identifiées par la Défense civile et leurs employeurs respectifs :

  • Abdel Raouf Samir Shaat : Photographe et caméraman indépendant reconnu, il collaborait régulièrement avec l’AFP et CBS News.
  • Mohammed Salah Qashta : Correspondant et porte-parole pour le comité égyptien, très suivi sur les réseaux sociaux.
  • Anas Abdullah Ghanim : Photographe et opérateur de drone pour l’agence Smart Media.

​Au moment de l’attaque, les trois hommes documentaient l’installation d’un nouveau camp de tentes destiné aux déplacés, géré par l’Égypte. Selon des témoins et le porte-parole du comité, le véhicule était clairement identifié par le logo de l’organisation humanitaire.

​Dans un communiqué, l’armée israélienne (Tsahal) a reconnu avoir mené une frappe dans le secteur. Elle affirme avoir identifié des « suspects » opérant un drone qu’elle a qualifié de « menace » et d’affilié au Hamas.

​Toutefois, des sources sur place précisent que le drone en question était utilisé par Anas Ghanim pour réaliser des prises de vues aériennes des convois d’aide et du nouveau campement, une pratique standard dans la couverture médiatique du conflit.

​Cette attaque survient dans un contexte de tensions extrêmes, malgré le cessez-le-feu soutenu par les États-Unis qui a débuté le 10 octobre 2025. Le syndicat des journalistes palestiniens a dénoncé un « crime de guerre prémédité » et une volonté « systématique de réduire au silence les témoins des souffrances à Gaza ».

​« Ils étaient là pour montrer au monde que l’aide arrive, qu’un camp se construit. Ils portaient leurs gilets « Presse » et circulaient dans un véhicule humanitaire. Rien ne justifie ce carnage », a déclaré un collègue d’Abdel Raouf Shaat lors des funérailles à Khan Younès cet après-midi.

 

​Avec ces trois nouveaux décès, le nombre total de journalistes tués par Israël à Gaza dépasse désormais les 207 (selon le CPJ) ou 260 (selon les sources locales), faisant de cette guerre la plus meurtrière de l’histoire moderne pour la liberté de la presse.

About Emmanuel Hubert

Check Also

Chili : Le retour de l’ordre moral et sécuritaire avec l’investiture de José Antonio Kast

Le Chili a basculé dans une nouvelle ère politique, Ce mercredi 11 mars 2026. Dans …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partager
Partager