Haïti/Fin de transition : Le RHAJAC réclame des interdictions de départ contre des membres du CPT

À l’approche de la date fatidique du 7 février 2026, la pression judiciaire s’accentue sur le Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT). Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) a formellement appelé le Parquet de Port-au-Prince à prendre des mesures conservatoires pour empêcher la fuite de conseillers-présidents éclaboussés par des scandales financiers.

​L’étau se resserre autour de certains membres du Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT). Dans un communiqué cinglant publié ce jeudi 22 janvier, le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC), sous la plume de son Secrétaire général Djovany Michel, a lancé un appel solennel à Me Patterson Dorval, commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince. L’organisation exige l’émission immédiate d’ordres d’interdiction de départ à l’encontre de conseillers-présidents suspectés de malversations graves.

​Le RHAJAC ne mâche pas ses mots. Le réseau évoque des « indices sérieux de corruption, de blanchiment de capitaux » et, plus grave encore, des « alliances documentées avec des groupes armés ». Pour les journalistes d’investigation, l’heure n’est plus à la diplomatie mais à l’action publique.

​Le communiqué s’appuie sur le Code d’instruction criminelle haïtien pour justifier ces mesures préventives. L’objectif est clair : éviter que les personnalités indexées ne profitent du flou institutionnel de la fin de transition pour quitter le territoire national.

​Le timing de cette sortie n’est pas anodin. L’Accord du 3 avril, qui régit l’actuelle gouvernance de transition, arrive à échéance le 7 février 2026. Selon le RHAJAC, certains acteurs du CPT tenteraient activement d’échapper à la justice par deux leviers :

    1. L’influence politique : En tentant d’imposer un « allié » au poste de Premier ministre pour assurer leur protection.
    2. L’exil : En préparant discrètement leur départ vers l’étranger avant la passation de pouvoir.

​« Toute inertie institutionnelle facilitant un départ du territoire constituerait une faute grave », prévient le RHAJAC, rappelant que « nul n’est au-dessus de la loi ».

​Pour garantir la redevabilité des dirigeants, le RHAJAC articule ses revendications autour de trois axes :

      • L’action judiciaire immédiate : Ouverture d’enquêtes et saisie d’un juge d’instruction.
      • Le gel des mouvements : Saisie des passeports et surveillance des flux financiers.
      • Le ménage politique : Un remaniement ministériel de dernière minute pour écarter les ministres et directeurs généraux « compromis » afin de restaurer un climat de confiance nécessaire à l’organisation d’élections crédibles.

​Alors que le pays retient son souffle à l’approche du 7 février, cette mise en demeure place le commissaire Patterson Dorval devant ses responsabilités. Le RHAJAC a déjà annoncé qu’il documenterait toute tentative d’obstruction à la justice pour la dénoncer sur la scène internationale.

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