La crise sécuritaire en Haïti franchit un nouveau palier critique. Ce dimanche 25 janvier 2026, la compagnie ZEDx Airlines S.A. a annoncé la suspension immédiate et illimitée de toutes ses opérations vers la capitale haïtienne, après que deux de ses avions ont été la cible de tirs alors qu’ils s’apprêtaient à atterrir.
Le ciel haïtien s’assombrit un peu plus pour les voyageurs et les opérateurs économiques. Dans un communiqué officiel diffusé tard dimanche soir, la direction de ZED Airlines S.A., acteur majeur du transport aérien reliant Haïti à l’Amérique latine et aux Caraïbes, a fait état d’un incident « d’une extrême gravité ».
Selon les détails fournis par la compagnie, deux appareils distincts ont été visés par des projectiles au cours de la même journée. Les faits se sont produits lors de la phase d’approche de l’Aéroport international Toussaint Louverture, un moment de vulnérabilité maximale où les avions volent à basse altitude.
Bien que la compagnie n’ait pas encore précisé si les tirs ont causé des blessés ou des dégâts structurels majeurs, la décision a été radicale : arrêt total des services. ZED Airlines invoque des raisons de sécurité impératives pour protéger ses équipages et ses passagers.
Cette nouvelle attaque n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une série d’incidents qui, depuis 2024, ont poussé de nombreux transporteurs internationaux à déserter le tarmac de Port-au-Prince. Pour rappel :
- La FAA (Federal Aviation Administration) américaine maintient déjà une interdiction de vol pour les compagnies US vers la capitale jusqu’en mars 2026.
- Des incidents similaires avaient déjà touché des appareils de Spirit Airlines et Sunrise Airways par le passé, renforçant l’image d’une zone aéroportuaire « assiégée » par des groupes armés contrôlant les quartiers environnants.
L’arrêt de ZED Airlines est un coup dur pour la connectivité régionale. La compagnie représentait l’un des derniers ponts directs avec les voisins caribéens et latino-américains. Cet isolement forcé risque d’aggraver la situation humanitaire et de faire grimper les prix des billets sur les rares liaisons encore actives, notamment via le Cap-Haïtien ou les vols charter.
À l’heure actuelle, les autorités aéroportuaires et le gouvernement de transition n’ont pas encore officiellement réagi à ce nouveau retrait. La durée « indéterminée » de cette suspension laisse craindre que la normalisation du trafic aérien à Port-au-Prince ne soit pas pour demain.
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