Haïti/Politique : Le RHAJAC dénonce un « pillage accéléré » des caisses de l’État à l’approche du 7 février

À dix jours de la fin théorique de la transition, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) lance une alerte rouge. L’organisation accuse le ministre de l’Économie, Alfred Fils Metellus, de procéder à des décaissements massifs et illégaux pour financer ses ambitions politiques, avec la complicité de plusieurs membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).

 

Le climat politique haïtien, déjà délétère à l’approche de l’échéance cruciale du 7 février, vient de monter d’un cran. Dans une note de presse cinglante publiée ce jeudi, le RHAJAC dénonce ce qu’il qualifie de « manœuvres désespérées » au sommet de l’État pour garantir l’impunité des dirigeants actuels et assurer leur maintien au pouvoir sous une nouvelle forme.

Au centre de ces accusations : Alfred Fils Metellus, le ministre de l’Économie et des Finances. Selon le syndicat de journalistes, ce dernier procéderait à un « pillage accéléré » des ressources publiques. Ces fonds serviraient, selon le RHAJAC, à acheter des appuis pour imposer M. Metellus au poste de Premier ministre avant le départ prévu du CPT.

Le réseau ne mâche pas ses mots : ces opérations financières, effectuées « en dehors des normes légales », viseraient à constituer un trésor de guerre pour le ministre et ses alliés, tout en protégeant ces derniers des dossiers de corruption et de leurs liens présumés avec des chefs de gangs armés qui empoisonnent la vie nationale.

L’attaque du RHAJAC est frontale contre la majorité des membres du Conseil Présidentiel de Transition. Les conseillers-présidents Fritz Alphonse Jean, Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire, Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles sont nommément cités comme étant les « complices » de cette stratégie de prédation.> « Ils tentent, par tous les moyens, d’imposer leur complice […] au détriment de la sécurité nationale afin de protéger leurs intérêts après le 7 février 2026 », affirme Djovany Michel, Secrétaire général du RHAJAC.

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Un appel à l’action immédiate de l’ULCC
Face à ce qu’il considère comme une urgence nationale, le RHAJAC appelle l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) et les autorités judiciaires à sortir de leur mutisme. L’organisation demande :
* Une intervention immédiate au ministère des Finances.
* Le blocage des transactions jugées suspectes.
* L’engagement de poursuites pénales contre les responsables de ces détournements présumés.
Alors que la transition actuelle est de plus en plus critiquée pour son incapacité à rétablir la sécurité et l’ordre démocratique, ces révélations jettent une ombre supplémentaire sur la fin de mandat du CPT. Pour le RHAJAC, la corruption « ne passera plus sous silence », signifiant ainsi que la vigilance citoyenne sera totale durant ces derniers jours de transition marqués par « l’échec et l’impunité ».

À l’heure où nous écrivons ces lignes, ni le ministère de l’Économie ni les membres du CPT cités n’ont encore réagi officiellement à ces graves accusations.

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