Dans une prise de position ferme, le Comité de Pilotage de l’Assemblée des Signataires (CPAS) de l’Accord de Montana a réagi à la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. À travers une note de presse, cet organe clé de la société civile salue le départ d’un chef de gouvernement jugé « de facto » et appelle à une rupture immédiate avec les pratiques de gouvernance actuelles.
Le paysage politique haïtien est en pleine ébullition à l’approche de la date symbolique du 7 février. Alors que le Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT) a officialisé le limogeage d’Alix Didier Fils-Aimé, le Comité de Pilotage de l’Assemblée des Signataires (CPAS) de l’Accord de Montana est sorti du silence pour apporter son soutien à cette décision, tout en posant ses conditions pour la suite du processus.
Pour les membres du Comité de Pilotage, la révocation de M. Fils-Aimé n’est que la conséquence logique d’une gestion déconnectée des réalités sécuritaires et sociales du pays. Dans leur note de presse, les signataires soulignent que le gouvernement sortant, qualifié de « de facto », n’a jamais su ou voulu engager le dialogue nécessaire avec les forces vives de la nation représentées par Montana.
« Le CPAS prend acte de cette révocation qui met fin à une administration ayant failli à sa mission première : protéger la population. Il est temps de cesser les manœuvres dilatoires et de revenir à l’esprit initial du consensus du 30 août », précise le document.
Le Comité de Pilotage de l’Assemblée des Signataires a également profité de cette note pour dénoncer les velléités d’ingérence étrangère. Alors que certains secteurs internationaux plaident pour le maintien de l’ordre actuel, le CPAS réaffirme la souveraineté de la décision haïtienne.
Pour le comité, le départ d’Alix Didier Fils-Aimé doit être le prélude à un exécutif bicéphale fonctionnel, où le Premier ministre nommé ne serait pas un simple gestionnaire d’intérêts partisans, mais le chef d’un gouvernement de salut public.
Le CPAS exhorte les membres du CPT et les autres acteurs politiques à ne pas répéter les erreurs du passé. Leurs priorités sont claires :
- Transparence totale dans le choix du nouveau Premier ministre.
- Intégration réelle des recommandations de l’Assemblée des Signataires dans la feuille de route gouvernementale.
- Mesures d’urgence pour briser l’étau des gangs armés avant toute velléité électorale.
En conclusion, le Comité de Pilotage de l’Accord de Montana rappelle que la révocation d’un homme ne suffit pas à résoudre la crise. Il appelle à une « mobilisation citoyenne » pour s’assurer que la transition ne soit pas détournée de son objectif ultime : la refondation de l’État haïtien.
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