Haïti/Transport/Insécurité : Les chauffeurs en grève contre la « multiplication des péages » de la mort

Le transport public a été paralysé ce lundi 5 janvier 2026 sur la route reliant Carrefour au centre-ville de Port-au-Prince. Par ce débrayage, les conducteurs entendent protester contre l’installation d’un dixième poste de péage illégal par des gangs armés, cette fois à la rue du Magasin de l’État.

​ Les usagers de la route nationale #2 ont vécu un début de semaine particulièrement difficile. Dès les premières heures de la matinée, les véhicules assurant le trajet Carrefour–Port-au-Prince ont observé un arrêt de travail total, laissant des milliers de passagers et de travailleurs dans l’impossibilité de se déplacer.

​Ce mouvement de colère est né de l’installation d’une nouvelle barrière d’extorsion à la rue du Magasin de l’État, en plein cœur de la zone commerciale. Selon les chauffeurs protestataires, il s’agit du dixième poste de péage illégal érigé par les groupes armés sur ce court segment routier.

​Ces « douanes » criminelles, contrôlées par des hommes lourdement armés, imposent des taxes arbitraires aux conducteurs pour chaque passage. Le refus de payer expose les chauffeurs et leurs passagers à des représailles physiques, à la confiscation des clés ou à des tirs directs sur les pneus des véhicules.

​« Nous ne travaillons plus pour nous, mais pour engraisser les gangs », s’insurge un chauffeur de minibus. La multiplication de ces barrages transforme le métier de transporteur en une équation économique impossible :

  • Extorsion systématique : Les sommes exigées quotidiennement amputent la majeure partie de la recette journalière.
  • Insécurité psychologique : La menace permanente d’une intervention armée crée un climat de terreur constant.
  • Impuissance des autorités : Malgré la proximité de certains postes de police, les malfrats opèrent au grand jour, renforçant le sentiment d’abandon chez les conducteurs.

​Les chauffeurs et les syndicats de transport ne réclament plus de simples patrouilles, mais une intervention musclée et urgente de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Ils pointent du doigt le contraste entre les récentes opérations réussies à l’Arcahaie et l’inaction apparente des autorités face à l’asphyxie de l’entrée Sud de la capitale.

​En fin de journée, le trafic n’avait toujours pas repris normalement. Les grévistes préviennent : si ces barrières de l’infamie ne sont pas démantelées à la rue du Magasin de l’État et ailleurs, la mobilisation pourrait se durcir dans les jours à venir.

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