Au lendemain de la comparution historique de Nicolás Maduro devant un tribunal new-yorkais, Delcy Rodríguez a prêté serment comme présidente par intérim du Venezuela. Un geste symbolique a immédiatement marqué cette transition : ses premières salutations ont été réservées aux ambassadeurs de la Chine, de la Russie et de l’Iran, confirmant l’ancrage de Caracas au sein du bloc des puissances rivales de Washington.
Le palais de Miraflores a été le théâtre d’une passation de pouvoir sous haute tension diplomatique. Désignée pour assurer l’intérim après l’arrestation de Nicolás Maduro par les autorités américaines, Delcy Rodríguez a officiellement pris ses fonctions.
Ce n’est pas vers le peuple vénézuélien ou vers les institutions régionales que la nouvelle présidente par intérim s’est tournée en priorité. À peine son serment prononcé, Delcy Rodríguez s’est dirigée vers les représentants des trois principaux alliés stratégiques du pays :
- L’ambassadeur de Chine : Premier partenaire économique et créancier du pays.
- L’ambassadeur de Russie : Garant de la coopération militaire et sécuritaire.
- L’ambassadeur d’Iran : Allié clé dans le contournement des sanctions énergétiques.
Ce geste, capté par les caméras du monde entier, envoie un message clair à l’administration américaine : malgré la détention de Maduro à New York, le régime ne compte pas changer de trajectoire diplomatique.
En saluant prioritairement ce trio de puissances, Delcy Rodríguez réaffirme la doctrine du « monde multipolaire » chère au chavisme. Pour Caracas, il s’agit de démontrer que le pays n’est pas isolé malgré les sanctions occidentales.
La présence ostensible de ces diplomates souligne également que la Chine, la Russie et l’Iran considèrent toujours le gouvernement en place comme le seul légitime, ignorant la vacance de pouvoir perçue par Washington.
Delcy Rodríguez, figure de proue de l’aile dure du régime, semble vouloir rassurer les forces armées vénézuéliennes (FANB) sur le maintien des alliances internationales qui fournissent technologie, armement et soutien financier. Le message est double : assurer la survie interne du système et défier frontalement la justice américaine.
À Washington, ce « salut aux trois alliés » est perçu comme une provocation supplémentaire. Plusieurs sénateurs américains appellent déjà à un durcissement immédiat des sanctions contre Delcy Rodríguez elle-même, la qualifiant de « continuatrice d’un système criminel ».
À l’inverse, à Moscou et Pékin, on insiste sur le respect de la souveraineté vénézuélienne et on dénonce « l’enlèvement » de Nicolás Maduro comme un acte de piraterie internationale.
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