L’Empire du « Moi » : L’insoutenable arrogance de Donald Trump face au chaos latin.

Après avoir ordonné l’enlèvement de Nicolas Maduro, Donald Trump se pavane désormais en juge et bourreau de l’Amérique latine. En affirmant avec un mépris non dissimulé que Cuba est « prête à tomber », le 47e président des États-Unis franchit un nouveau seuil dans une arrogance qui bafoue non seulement la diplomatie, mais la dignité internationale.

​Depuis son bureau d’Air Force One, entre deux tweets triomphalistes, Donald Trump distribue désormais les bons et les mauvais points aux nations souveraines comme s’il s’agissait de vulgaires candidats d’une émission de téléréalité. Dimanche, le monde a assisté à une nouvelle démonstration de cette « diplomatie du caïd » : Cuba, décrétée « nation défaillante », n’aurait plus qu’à attendre son heure.


​Ce qui choque le plus dans les dernières déclarations présidentielles, ce n’est pas tant l’ambition géopolitique que la désinvolture macabre avec laquelle elle est exprimée. Alors que La Havane pleure 32 de ses ressortissants tués lors de l’opération « Absolute Resolve » à Caracas, Donald Trump balaie ces morts d’un revers de main : « Ce n’était pas une bonne idée de protéger Maduro », a-t-il lancé.

​Cette absence totale d’empathie, doublée d’une autosatisfaction affichée sur le nombre de frappes aériennes, révèle un homme qui ne voit plus les États-Unis comme un partenaire, mais comme un gendarme mondial sans compte à rendre. En déclarant que les États-Unis sont désormais « aux commandes » ( in charge ) au Venezuela, il enterre d’un mot des décennies de droit international.

​La menace comme mode de gouvernance
​L’arrogance de Trump ne s’arrête pas aux frontières de Caracas. Dans son sillage, il sème la menace. Cuba est « prête à tomber », la Colombie de Gustavo Petro est sommée de « surveiller ses arrières », et le Mexique est prévenu que son tour viendra.

​Cette posture de « Shérif de l’hémisphère » flatte peut-être sa base électorale, mais elle isole Washington comme jamais. En traitant des pays entiers comme des dominos sur une table de casino, il ignore les souffrances humaines réelles que ces déstabilisations provoquent. Pour Trump, peu importe le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, seule compte la démonstration de force.

​Le retour de la Doctrine Monroe, le tact en moins
​L’histoire retiendra sans doute ce début d’année 2026 comme le retour brutal de la Doctrine Monroe, mais dans sa version la plus impériale et la moins subtile. Là où ses prédécesseurs utilisaient la diplomatie ou les sanctions, Trump utilise les forces spéciales et l’humiliation publique.

​Le risque de cette arrogance est pourtant immense : en se croyant tout-puissant face à une Havane affaiblie ou un Caracas décapité, le président américain oublie que l’humiliation des peuples est souvent le terreau des révoltes de demain.

À trop vouloir montrer qu’il est le maître du jeu, Donald Trump pourrait finir par découvrir que le monde n’est pas un plateau de tournage et que le chaos qu’il sème aujourd’hui ne s’effacera pas d’un simple générique de fin.

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