Diplomatie de « Jobisme » : Le CPT transforme nos ambassades en agences de placement

Alors que la nation s’enfonce dans une crise multidimensionnelle sans précédent, le Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour (CPT) semble avoir trouvé une priorité : saturer nos missions diplomatiques de partisans et de proches sans aucune qualification, au mépris total des règles internationales et des finances publiques.

​Le dernier scandale en date nous vient des Bahamas, mais l’odeur de la gabegie traverse déjà l’Atlantique et les Amériques. La mission diplomatique haïtienne à Nassau, censée fonctionner avec un effectif de huit personnes, en compte aujourd’hui trente-huit. Un effectif gonflé de près de 500 %, transformant une chancellerie stratégique en une véritable foire aux sinécures.

​Le gouvernement bahaméen, excédé par ce désordre qui bafoue la Convention de Vienne, a fini par taper sur la table. Un ultimatum de deux mois a été lancé : soit Port-au-Prince ramène son personnel à huit diplomates, soit Nassau prendra des mesures drastiques. Pour les autorités bahaméennes, le constat est cinglant : la majorité de ces nouveaux « diplomates » parachutés par le CPT ne répondent à aucun critère professionnel.

​Ce n’est pas un cas isolé. De Washington à Ottawa, en passant par Paris, les exigences sont les mêmes. Le monde regarde Haïti non plus comme un partenaire en difficulté, mais comme un État dont les dirigeants utilisent les privilèges diplomatiques pour récompenser une clientèle politique avide.

​Sous la gestion du Conseil Présidentiel de Transition chacun a son tour, la diplomatie haïtienne est devenue l’arrière-boutique d’un troc politique indécent. Au lieu de choisir des techniciens capables de plaider la cause du pays pour la sécurité ou l’investissement, les membres du CPT semblent s’être partagé les postes comme un gâteau.

  • Sureffectif chronique : Dans des pays où le coût de la vie est exorbitant, Haïti paie des salaires et des frais de logement pour des dizaines d’employés inutiles.
  • Incompétence notoire : Des profils n’ayant jamais lu un traité international se retrouvent avec des passeports diplomatiques, ternissant l’image de la fonction.
  • Surdité administrative : Malgré les alertes répétées des pays hôtes, le CPT reste immobile. Pourquoi dégraisser quand ces postes servent de monnaie d’échange pour maintenir de fragiles alliances politiques locales ?

​Pendant que les contribuables haïtiens financent le train de vie de ces « diplomates de salon » aux Bahamas ou au Canada, la population à Port-au-Prince manque de tout. Chaque dollar gaspillé pour un employé superflu à Nassau est un dollar de moins pour la Police Nationale ou pour les centres de santé dévastés.

​L’inaction du CPT face à l’ultimatum bahaméen n’est pas seulement de la négligence ; c’est une faute lourde. En refusant d’assainir le corps diplomatique, les conseillers-présidents privilégient leurs intérêts de clan au risque de provoquer l’expulsion humiliante de nos représentants.

​Haïti ne peut plus se permettre une diplomatie de « jobisme ». Si le CPT ne peut même pas gérer un tableau d’effectifs dans une ambassade, comment peut-on espérer qu’il mène le pays vers des élections crédibles ?

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