La péricardite est une inflammation du péricarde, la membrane protectrice composée de deux fines couches de tissu qui enveloppe le cœur. Si cette pathologie peut paraître impressionnante par la douleur qu’elle provoque, elle est généralement bien traitée lorsqu’elle est prise en charge à temps.
L’expression « avoir de l’eau dans le cœur » est couramment utilisée, mais d’un point de vue médical, elle désigne en réalité un épanchement péricardique. Il ne s’agit pas d’eau à l’intérieur même du muscle ou des cavités cardiaques, mais d’un excès de liquide autour du cœur.
2. Est-ce dangereux ?
La gravité dépend de deux facteurs principaux :
La vitesse d’accumulation : Si le liquide s’accumule lentement, le péricarde peut s’étirer et le cœur s’adapte. Si l’accumulation est rapide (même en petite quantité), cela peut devenir une urgence.
La quantité : Un épanchement trop important peut comprimer le cœur et l’empêcher de se remplir correctement de sang. C’est ce qu’on appelle une tamponnade cardiaque, une urgence vitale.
3. Les signes qui doivent alerter
En plus de la douleur thoracique déjà mentionnée, la présence de liquide peut entraîner :
Un essoufflement marqué (surtout en position allongée).
Une sensation d’oppression ou de poids dans la poitrine.
Une grande fatigue ou des étourdissements.
Un rythme cardiaque qui s’accélère.
4. Comment retire-t-on cet « excès d’eau » ?
Dans la plupart des cas de péricardite légère, le liquide se résorbe naturellement avec le traitement anti-inflammatoire (aspirine, ibuprofène ou colchicine).
Cependant, si l’épanchement est trop volumineux ou s’il menace le fonctionnement du cœur, les médecins procèdent à une ponction péricardique : à l’aide d’une aiguille fine (guidée par échographie), ils aspirent le liquide pour soulager immédiatement la pression.
Une douleur thoracique caractéristique
Le symptôme le plus fréquent de la péricardite est une douleur thoracique aiguë. Elle est souvent décrite comme un « coup de poignard » au centre ou sur le côté gauche de la poitrine.
Toutefois, cette douleur possède des caractéristiques uniques qui permettent de l’orienter par rapport à un infarctus :
La position : La douleur s’intensifie souvent en position allongée ou lors d’une inspiration profonde (douleur pleurétique).
Le soulagement : Elle s’atténue généralement lorsque le patient se penche en avant.
L’irradiation : Elle peut irradier vers le cou ou l’épaule gauche (muscle trapèze).
Autres symptômes associés
Outre la douleur, d’autres signes cliniques peuvent accompagner l’épisode inflammatoire :
Une fièvre modérée ou des frissons.
Une toux sèche.
Une fatigue persistante ou un essoufflement (dyspnée).
Des palpitations cardiaques.
Dans la majorité des cas, la péricardite est dite idiopathique (cause inconnue), bien qu’une origine virale (suite à une grippe ou un virus respiratoire) soit souvent suspectée. Elle peut également résulter de maladies auto-immunes, d’une suite d’infarctus ou, plus rarement, d’une infection bactérienne.
Quelles sont les causes d’une péricardite ?
Une infection virale (infection ORL bénigne : rhume, angine, laryngite, rarement Covid…).
Une infection bactérienne.
Une infection pulmonaire.
Un cancer.
Des rayons de radiothérapie.
Une tuberculose (péricardite chronique).
Des maladies auto-immunes (lupus érythémateux systémique (ou disséminé), (poly)arthrite rhumatoïde, fièvre rhumatismale …).
Une insuffisance rénale.
Un infarctus (forme tardive de péricardite).
Une chirurgie cardiaque (péricardite sur une effusion de sang).
Certains virus peuvent être responsables d’une péricardite comme :
Entérovirus (coxsackie)
Herpès (cytomégalovirus, virus Epstein-Barr, human herpes virus-6)
Adénovirus
Parvovirus B19
Sars-CoV-2 (c’est rare)
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic repose principalement sur trois piliers :
L’auscultation : Le médecin peut entendre un « frottement péricardique » au stéthoscope.
L’électrocardiogramme (ECG) : Il présente souvent des modifications spécifiques de l’activité électrique du cœur.
L’imagerie : L’échographie cardiaque permet de vérifier s’il existe un épanchement (liquide) entre les couches du péricarde.
Traitement : Repos et anti-inflammatoires
L’objectif du traitement est de réduire l’inflammation et de prévenir les récidives.
Médicaments : Le traitement de première intention repose sur l’aspirine ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) à fortes doses. La colchicine est quasi systématiquement ajoutée pour limiter le risque de rechute.
Repos strict : C’est un élément crucial de la guérison. Toute activité physique intense est formellement proscrite jusqu’à la disparition complète des symptômes et la normalisation des tests biologiques.
Toute douleur thoracique doit faire l’objet d’une consultation d’urgence pour éliminer d’autres pathologies cardiaques graves. Une péricardite non traitée peut, dans de rares cas, évoluer vers une tamponnade cardiaque (compression du cœur par du liquide), nécessitant une intervention immédiate.
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