Face aux menaces de Washington, Miguel Díaz-Canel réaffirme l’inflexibilité du « Cuba Socialiste »

À l’occasion du 65e anniversaire de la victoire de la Baie des Cochons, le président cubain a réaffirmé la détermination militaire de l’île et l’ancrage irréversible de son modèle socialiste, sur fond de tensions record avec les États-Unis.

Par une après-midi chargée d’histoire et de symbolisme, des milliers de Cubains se sont rassemblés ce jeudi au cœur de la capitale pour commémorer l’un des piliers de la mythologie révolutionnaire : l’échec de l’invasion de la Baie des Cochons en 1961. Dans un discours solennel et combatif, le président Miguel Díaz-Canel a dressé un parallèle direct entre les menaces d’autrefois et les pressions actuelles exercées par Washington.

Le ton du chef de l’État s’est voulu sans ambiguïté. Tout en soulignant que Cuba ne cherche pas la confrontation, il a martelé la nécessité d’une préparation militaire constante face à ce qu’il qualifie de « graves menaces ».

« Le moment est extrêmement difficile et nous impose d’être prêts à affronter de graves menaces, parmi lesquelles l’agression militaire. Nous ne la voulons pas, mais c’est notre devoir d’être prêts à l’éviter et, si elle était inévitable, à gagner. »

Ces déclarations interviennent alors que l’île traverse l’une des crises économiques les plus sévères de son histoire, exacerbée par un embargo américain toujours plus pesant et une inclusion persistante sur la liste des pays soutenant le terrorisme. Pour Díaz-Canel, la résilience économique et la vigilance militaire sont les deux faces d’une même pièce.

Au-delà de la stratégie défensive, le président a profité de cette tribune pour réaffirmer le caractère socialiste de l’État cubain. Soixante-cinq ans après que Fidel Castro a proclamé le caractère socialiste de la Révolution juste avant de repousser les envahisseurs le message reste le même : le régime ne fera aucune concession sur ses principes politiques fondamentaux.

Le choix de ce 65e anniversaire n’est pas anodin. Entre le 15 et le 19 avril 1961, 1 400 exilés cubains, entraînés et financés par la CIA, avaient tenté un débarquement sur les plages de la Baie des Cochons, à 250 km de La Havane.

Aujourd’hui, alors que la scène géopolitique mondiale est de nouveau fragmentée, le gouvernement cubain utilise ce rappel historique pour mobiliser sa base. En martelant que Cuba est « prête », Miguel Díaz-Canel cherche non seulement à dissuader toute velléité étrangère, mais aussi à resserrer les rangs à l’intérieur du pays face aux vents contraires de l’histoire.

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