Haîti/Insécurité: L’insécurité fait une nouvelle victime à Bourdon.Jusqu’à quand le silence complice des autorités ?

Le sang a encore coulé ce mardi matin 26 mai 2026 dans la capitale. L’assassinat brutal de Roger Germain, un entrepreneur de 78 ans et propriétaire du Laboratoire Gamma, en plein cœur de Bourdon, vient s’ajouter à la trop longue liste des citoyens fauchés par la barbarie quotidienne. Ce nouveau drame expose, une fois de plus, une réalité révoltante : l’État haïtien a totalement abandonné la population à la merci des criminels.

Comment accepter qu’en plein jour, dans un quartier censé être fréquenté, des individus armés puissent assiéger un véhicule, tirer pas moins de dix-sept balles sur une portière, exécuter un homme, et repartir tranquillement sans être inquiétés ?

Ce forfait commis avec une telle audace démontre l’assurance totale des malfrats. Ils savent qu’ils opèrent dans un vide institutionnel absolu. Ils savent que les rues de Port-au-Prince leur appartiennent, car en face, le gouvernement brille par son inaction chronique et son impuissance érigée en mode de gouvernance.

Pendant que les autorités se murent dans de vains discours, des réunions stratégiques sans lendemain et des promesses de rétablissement de l’ordre qui sonnent creux, la réalité du terrain est sans appel. Les blindés de la police ne suffisent plus à protéger les forces de l’ordre, et désormais, même les véhicules blindés des particuliers ne garantissent plus la vie des citoyens face à la puissance de feu et à la détermination des gangs.

Les riverains, réveillés par les détonations, ne cachent plus leur colère et leur dégoût face à ce laisser-aller criminel. La routine matinale d’un citoyen paisible a été fauchée parce que ceux qui ont la charge de garantir la sécurité nationale ont démissionné de leurs responsabilités régaliennes.

L’assassinat de Roger Germain n’est pas un simple fait divers de plus. C’est le symbole d’un pays où la vie humaine a perdu toute valeur aux yeux des dirigeants. Combien de morts, combien de familles endeuillées, combien d’entreprises détruites faudra-t-il encore dénombrer avant que le gouvernement ne sorte de sa torpeur ?

Aujourd’hui, le constat légal du corps a été fait, les formalités d’usage ont été remplies. Mais au-delà de la paperasse judiciaire, la population attend des comptes. Face à des criminels qui s’en vont sans aucune difficulté après avoir semé la mort, la passivité des autorités ne peut plus être perçue comme de l’incompétence : elle ressemble désormais, à s’y méprendre, à une complicité coupable.

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