Quatre jours après la tuerie sauvage qui a fait au moins 47 victimes civiles à Kenscoff, le pouvoir de fait en place a dégainé sa réponse habituelle : un changement de tête au commissariat local. Le jeudi 27 août 2026, le Commissaire Principal Jean Pierre Ketler Mauriceau a été installé en grande pompe pour reprendre les rênes d’une juridiction sous le choc. Un jeu de chaises musicales bien rodé qui peine désormais à masquer l’inaction systémique et l’incapacité criante des autorités à endiguer la terreur des gangs armés.
Face à la tragédie, la méthode des dirigeants ne varie pas d’un iota. À chaque massacre, son lot de cérémonies d’installation et de discours de circonstance. Mais sur le terrain, cette stratégie d’artifice ne trompe plus personne. Remplacer un responsable par un autre sans fournir de moyens logistiques adaptés, sans stratégie offensive globale ni soutien d’élite aux unités de première ligne s’apparente à une mesurette purement cosmetique.
Pendant que les autorités de fait s’évertuent à communiquer sur des remaniements administratifs inutiles, les groupes criminels continuent d’étendre leur emprise, d’isoler les communes et de faire couler le sang de la population civile sans rencontrer de réelle résistance institutionnelle. Ces rotations d’effectifs, répétées à l’infini au gré des drames, témoignent d’une gestion de crise réactive et superficielle là où la situation exigerait un plan de sécurité vigoureux et structuré.
La population de Kenscoff, aujourd’hui endeuillée et abandonnée à son sort, n’attend pas des changements de figures sur du papier ou des promotions de circonstance. Elle exige des résultats, le démantèlement effectif des foyers de gang et une présence policière équipée capable de protéger la vie des citoyens. Tant que les autorités de fait privilégieront la politique du spectacle au détriment d’une réponse sécuritaire concrète, ces installations de façade continueront de sonner comme un aveu d’impuissance — voire d’indifférence — face au martyre de la population.
Echojounal echojounal.net