Le sud d’Haïti vient de perdre l’un de ses plus précieux trésors verts. Après deux décennies d’existence et d’efforts acharnés pour la conservation de la flore nationale, le Jardin Botanique des Cayes a été en grande partie détruit.
Ce qui était autrefois un sanctuaire de biodiversité et un centre de recherche de renommée internationale est aujourd’hui le théâtre de désolation suite à un conflit foncier qui a dégénéré.
Fondé et dirigé par l’agronome William Cinea, le jardin représentait 20 ans de travail méticuleux. Des milliers d’espèces de plantes, dont certaines rares et endémiques à l’île d’Hispaniola, ont été victimes de cette intervention brutale. Les installations, les pépinières et les espaces éducatifs, qui accueillaient étudiants et chercheurs, ont été gravement impactés.
À l’origine de cette destruction se trouve un litige terrien persistant. Malgré les appels répétés des responsables du jardin pour une protection étatique de ce site d’utilité publique, des individus ont entrepris de raser une partie du domaine pour revendiquer la propriété du sol.
L’impuissance des autorités locales et de la justice face à cette situation souligne une nouvelle fois l’insécurité foncière chronique qui ronge le pays.
Sur les réseaux sociaux et au sein de la communauté scientifique, l’indignation est totale. Pour beaucoup, la destruction du Jardin Botanique des Cayes n’est pas seulement une perte matérielle, c’est un « crime écologique » et un coup d’arrêt brutal à l’éducation environnementale en Haïti. Le fondateur, William Cinea, qui a consacré sa vie à ce projet, voit s’envoler deux décennies d’un héritage qu’il souhaitait léguer aux générations futures.
Alors que le pays fait déjà face à des défis environnementaux majeurs, la disparition de ce poumon vert et scientifique laisse un vide immense et pose la question de la protection réelle du patrimoine écologique haïtien.
Echojounal echojounal.net