Colombie : Offensive majeure contre le Clan del Golfo avant le sommet Petro-Trump

À quelques jours d’une rencontre diplomatique cruciale à la Maison-Blanche, le gouvernement colombien a porté un coup sévère au Clan del Golfo. Mercredi, les forces de l’ordre ont annoncé avoir abattu cinq membres de cette organisation, considérée comme le plus puissant cartel de drogue du pays.

 

L’opération, dont les détails tactiques restent encore sous le sceau de la confidentialité, s’inscrit dans un contexte de tension extrême entre Bogota et Washington. Alors que le président Gustavo Petro s’apprête à s’envoler pour les États-Unis afin de rencontrer son homologue Donald Trump, cette démonstration de force semble viser un double objectif : réaffirmer l’autorité de l’État dans les bastions du narcotrafic et désamorcer les critiques de l’administration américaine.

 

Le président Trump n’a, en effet, pas caché son impatience face à la production de cocaïne en Colombie, menaçant récemment de prendre des « mesures directes » si les résultats n’étaient pas au rendez-vous. En frappant le « Clan del Golfo » (ou AGC – Autodéfenses Gaitanistes de Colombie), le gouvernement Petro démontre que sa politique de « Paix Totale » n’exclut pas l’usage de la force létale contre les structures criminelles qui refusent la démobilisation.

 

Héritier des groupes paramilitaires d’extrême droite, le Clan del Golfo contrôle une part hégémonique des routes de sortie de la drogue vers l’Amérique du Nord et l’Europe, notamment via la région stratégique du golfe d’Urabá.

 

« Cette opération confirme notre détermination inébranlable à démanteler les structures qui alimentent la violence dans nos territoires », a déclaré le ministère de la Défense dans un bref communiqué.

 

Malgré l’extradition de son chef historique « Otoniel » vers les États-Unis en 2022, le cartel a prouvé sa résilience en se restructurant sous de nouveaux commandements, maintenant une emprise de fer sur plusieurs départements du pays.

La rencontre entre Gustavo Petro et Donald Trump, prévue le 3 février, s’annonce comme un exercice de diplomatie sur la corde raide. Les deux chefs d’État divergent sur presque tout :

Petro prône une approche axée sur le développement rural et la santé publique, tandis que Trump exige un retour à l’éradication forcée et aux pulvérisations aériennes de glyphosate.

Les tensions autour du Venezuela et la présence militaire américaine dans la région restent des points de friction majeurs.

 

En abattant ces cinq cadres du cartel, les autorités colombiennes apportent un argument de poids dans la valise diplomatique de Petro : la preuve par les faits que la Colombie continue de payer le prix du sang dans une guerre contre la drogue dont elle reste le principal champ de bataille.

 

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