Haïti/ Impunité: Le RHAJAC dénonce un « décret de l’impunité » à l’approche du 7 février.

À quelques semaines de l’échéance cruciale du 7 février 2026, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) sort de ses gonds. Dans une note de presse publiée ce vendredi 26 décembre 2025, l’organisation dénonce un nouveau décret sur la Haute Cour de justice, y voyant une manœuvre désespérée du Conseil présidentiel de transition chacun à son tour  (CPT) pour se protéger des poursuites judiciaires.

L’ambiance politique se crispe davantage dans la capitale haïtienne. Alors que la Transition est censée rendre les clés du pouvoir d’ici février, le cadre légal entourant la reddition de comptes fait l’objet d’une bataille frontale. Au cœur du litige : un décret réorganisant la Haute Cour de justice, dont certaines dispositions sont jugées « liberticides » et « anticonstitutionnelles » par les professionnels de l’information engagés dans la lutte contre la corruption.

‎Pour le Secrétaire général du RHAJAC, Djovany Michel, l’adoption de ce texte n’est pas fortuite. « Sous couvert de réorganisation institutionnelle, ce texte constitue en réalité une manœuvre grave visant à instaurer une impunité de fait au profit des dirigeants defacto actuels », assène-t-il dans le document officiel du réseau.

L’organisation pointe particulièrement du doigt sur les articles 4 et 11 du décret. Selon l’analyse du RHAJAC, ces articles verrouilleraient les mécanismes de poursuite en plaçant les rapports d’enquête (notamment ceux de l’ULCC) sous un contrôle politique direct, rendant toute action judiciaire contre les hauts dignitaires quasiment impossible sans l’aval du pouvoir en place.

‎Le calendrier n’est pas anodin. Le 7 février 2026 marque une date charnière pour la légitimité du pouvoir de transition. Le RHAJAC craint que les responsables impliqués dans des scandales de corruption documentés ne profitent de ce décret pour se mettre à l’abri avant la fin de leur mandat.
<span;>‎Face à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire », le réseau demande des mesures fortes et immédiates :

* Contre le décret : Un appel est lancé aux barreaux et à la société civile pour saisir la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA).

* Contre les individus : Le RHAJAC exhorte le Commissaire du gouvernement à prononcer des interdictions de départ contre les membres du Conseil présidentiel et les hauts fonctionnaires visés par des enquêtes.

‎ * Contre le silence : Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) est sommé de rompre sa neutralité pour défendre l’indépendance de la magistrature face à un texte qui « musele la justice ».

‎Ce cri d’alarme intervient dans un contexte de défiance généralisée. Pour les observateurs, la gestion de la Transition est de plus en plus scrutée par la communauté nationale et internationale. Le RHAJAC prévient : « toute transition qui s’achève dans l’impunité prépare les crises de demain ».
<span;>‎En réaffirmant sa détermination à enquêter sur les détournements de fonds publics, le réseau de journalistes se pose en rempart contre ce qu’il appelle la « confiscation de l’État ».

‎Alors que le 7 février approche, la pression sur les épaules du pouvoir judiciaire n’a jamais été aussi forte. La question reste entière : la justice aura-t-elle les moyens de ses ambitions avant que les portes du pouvoir ne se referment ?

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