Alors que les échos des messages de paix de la Noël résonnent encore à travers le monde, la réalité dans le département de l’Artibonite est tout autre. À Saint-Marc, et plus précisément dans la localité de K-Maya, la population vit des heures sombres.
Les gangs armés sont désormais aux portes de la ville, plongeant les habitants dans une angoisse indescriptible, aggravée par une absence criante des forces de l’ordre.
Une progression criminelle sans entrave
Après avoir imposé leur loi sur une grande partie de Montrouis, les groupes criminels poursuivent leur progression stratégique vers la commune de Saint-Marc. K-Maya est aujourd’hui la cible principale de ces assauts répétés. Malgré les appels de détresse lancés par les riverains sur les ondes des radios locales et les réseaux sociaux, le silence des autorités policières est total.
Sur le terrain, le constat est amer : les bandits opèrent de jour comme de nuit, sans craindre aucune riposte. La population, livrée à elle-même, assiste impuissante à l’avancée de ceux qui sèment la mort et la désolation.
L’Artibonite : le département oublié ?
Le mécontentement grandit à l’égard de la direction générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH). De nombreux observateurs accusent le haut commandement d’avoir purement et simplement abandonné le département de l’Artibonite à son sort.
Ce sentiment d’abandon n’est pas nouveau : à la fin du mois de novembre dernier, le massacre de Pont-Sondé avait déjà illustré l’inaction flagrante des unités spécialisées face à l’invasion des criminels.
Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter à K-Maya. « Nous tombons sous les balles dans l’indifférence totale. Les autorités restent inactives pendant que le sang coule », s’indigne un habitant qui a dû fuir sa maison sous les tirs.
Un contraste frappant avec les appels à la paix
Cette intensification de la violence à Saint-Marc survient au moment même où des voix internationales, dont celle du Pape lors de son message de Noël, appellent à la fin des hostilités et à la réconciliation nationale en Haïti. Mais pour les citoyens de K-Maya, ces mots semblent bien lointains face à la réalité des fusils d’assaut.
L’urgence est désormais absolue. Sans une intervention immédiate et musclée de la PNH pour stopper la progression des gangs vers le centre urbain de Saint-Marc, c’est toute une région qui risque de basculer définitivement sous le contrôle total du crime organisé.
Echojounal echojounal.net