Haïti/Transition: L’indécente manœuvre des conseillers inculpés pour s’accrocher au pouvoir

Alors que l’échéance du 7 février 2026 approche à grands pas, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) chacun a son tour offre le spectacle d’un navire en perdition où les officiers les plus contestés tentent de sacrifier le reste de l’équipage pour survivre. Mercredi, une proposition visant à réduire le Conseil à cinq membres — en écartant les figures jugées gênantes — a été présentée. Un plan de survie immédiatement rejeté, qui finit de discréditer une institution déjà qualifiée de « fiasco » par la diplomatie.

Jusqu’où ira l’obstination des conseillers-présidents inculpés pour corruption ? Alors que le pays s’enfonce dans une crise sécuritaire et sociale sans précédent, la priorité de certains membres du CPT ne semble plus être l’organisation des élections, mais bien la sauvegarde de leurs privilèges au-delà du terme constitutionnel du 7 février.

​Le plan soumis mercredi aux autres membres du Conseil par les conseillers impliqués dans des dossiers de corruption (notamment l’affaire de la BNC) est d’un cynisme rare. Sous prétexte de simplifier le fonctionnement de l’exécutif, ils proposent de réduire le CPT à cinq membres votants.

​Le calcul est limpide : évincer Edgard Leblanc Fils et Fritz Alphonse Jean, ainsi que les deux observateurs, pour ne garder qu’un noyau dur capable de verrouiller la transition. En tentant de se débarrasser des voix discordantes ou de celles qui appellent à une certaine rigueur éthique, les inculpés espèrent s’offrir un sursis politique alors que la justice et l’opinion publique réclament leur départ.

​Fort heureusement, la manœuvre a été bloquée. Les autres conseillers ont opposé une fin de recevoir catégorique, rappelant une vérité élémentaire : les membres du CPT ne sont pas les propriétaires de la transition. Le mandat du Conseil est issu d’un consensus politique fragile et d’une date butoir qui ne peut être modifiée par les bénéficiaires mêmes de ce pouvoir.

​« Ils tentent de changer les règles du jeu alors qu’ils ont déjà perdu la partie », commente un observateur politique proche de la Villa d’Accueil.

​Si la manœuvre interne a échoué, le coup de grâce est venu de la diplomatie. Un diplomate accrédité en Haïti a confié à la rédaction de Métronome un verdict sans appel : le CPT est un échec total.

​« Le CPT est un fiasco. Il est gangrené par la corruption au lieu de répondre aux exigences du moment. »

 

​Pour la communauté internationale, le constat est clair : après le 7 février, tous les membres du Conseil doivent quitter le pouvoir. Le soutien international, autrefois moteur de cette transition, s’est évaporé face à l’indécence des scandales financiers et à l’incapacité du Conseil à rétablir une once de sécurité.

​Cette tentative de « purge » par les conseillers inculpés démontre qu’une partie de l’exécutif vit dans une réalité parallèle, déconnectée des souffrances de la population et des attentes de reddition de comptes. En voulant rester au pouvoir à tout prix, ils ne font qu’accélérer l’effondrement d’une structure qui, au lieu d’être un pont vers la démocratie, est devenue un mur d’impunité.

​Le 7 février ne sera pas seulement une date de calendrier, mais le procès d’une transition qui a trahi ses promesses.

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