Un pas décisif vers la redevabilité des autorités face à la résurgence de la violence armée en Haïti. Ce lundi 31 août 2026, Me Arnel Rémy a formellement déposé une plainte au greffe du Tribunal de première instance de Port-au-Prince à l’encontre du chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), Alix Didier Fils-Aimé, et du directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison.
Les chefs d’accusation retenus sont graves : non-assistance à personne en danger et homicide involontaire. Selon l’avocat, les deux hauts responsables disposaient des leviers étatiques et logistiques nécessaires pour ordonner une intervention rapide de la PNH et contrer les bandes armées.
« De grands pouvoirs imposent de grandes responsabilités. Ces autorités avaient les moyens d’agir pour empêcher que la population de Kenscoff ne soit massacrée. Elles ont choisi l’inaction et doivent aujourd’hui répondre de leurs décisions devant la justice », a martelé Me Arnel Rémy lors de l’annonce de la démarche juridique.
L’attaque armée, survenue dans la nuit du 23 au 24 août à Kenscoff, a plongé la communauté locale dans le deuil. Selon les données communiquées par les Nations unies, le bilan s’élève à au moins 47 morts, sans compter les nombreux blessés et les dégâts matériels considérables enregistrés sur place.
Cette action en justice met en lumière l’exaspération grandissante de la société civile face à la détérioration du climat sécuritaire. Elle pose un précédent important quant à la responsabilité légale et morale des hauts dignitaires de l’État dans la protection des citoyens. Il revient désormais au doyen du tribunal et aux juges d’instruction d’évaluer la recevabilité de la requête.
Echojounal echojounal.net