La diplomatie du « cow-boy » et le naufrage du droit international

​L’annonce est tombée dimanche comme un couperet depuis La Havane : 32 Cubains ont péri sous les balles et les missiles américains lors de l’opération « Absolute Resolve » à Caracas. Alors que Nicolas Maduro attend sa comparution devant un tribunal de New York, le bilan humain s’alourdit et pose une question que Washington feint d’ignorer : à quel prix la « pax americana » entend-elle s’imposer en ce début d’année 2026 ?

​Un massacre sous couvert de « justice »
​Le gouvernement cubain ne mâche pas ses mots en dénonçant une « attaque criminelle ». Les 32 victimes, membres des forces de sécurité et conseillers techniques, n’étaient pas des dommages collatéraux, mais les cibles d’une stratégie d’annihilation délibérée.

En frappant le complexe de Fuerte Tiuna, les États-Unis n’ont pas seulement capturé un homme qu’ils accusent de narcoterrorisme ; ils ont transformé une capitale souveraine en champ de bataille, au mépris total des conventions de Genève.

​Le retour de la doctrine Monroe
​Cette intervention marque le retour brutal d’un impérialisme que l’on pensait d’un autre âge. En agissant sans mandat de l’ONU, les États-Unis ont piétiné la souveraineté du Venezuela.

Comme le souligne le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, nous assistons à un « dangereux précédent ». Si Washington peut aujourd’hui « extraire » un chef d’État étranger au prix de dizaines de morts, quelle capitale sera la prochaine ?

​ »Cette guerre est illégale », a fustigé le sénateur démocrate Ruben Gallego. Une analyse que partagent de nombreuses chancelleries, de Paris à Pékin, qui voient dans cet acte non pas une libération, mais un « kidnapping d’État ».


​Donald Trump se félicite d’être désormais « aux commandes » du destin vénézuélien. Mais derrière l’arrogance des communiqués de la Maison Blanche, la réalité est plus sombre :
​Instabilité régionale : La Colombie et le Brésil s’inquiètent déjà d’une déstabilisation massive.

​Bilan civil occulté : Si les 32 morts cubains sont confirmés, le nombre de victimes vénézuéliennes (estimé à plus de 80 par certaines sources) reste encore flou sous le black-out imposé à Caracas.

​Impasse diplomatique : En traitant Maduro comme un vulgaire chef de cartel plutôt que comme un acteur politique — aussi contesté soit-il —, Washington ferme la porte à toute transition pacifique et négociée.


​La capture de Nicolas Maduro sera peut-être célébrée dans les sondages à Washington, mais elle laisse un goût de cendres dans le reste du monde. En choisissant la force brute plutôt que la légalité internationale, les États-Unis n’ont pas apporté la démocratie au Venezuela ; ils ont simplement rappelé que, pour eux, le droit international s’arrête là où commencent leurs intérêts pétroliers et idéologiques

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