Le Venezuela sous tutelle : L’impérialisme pétrolier de Trump au mépris du droit international

En affirmant vendredi que les États-Unis décideront seuls du sort des hydrocarbures vénézuéliens, Donald Trump a franchi une étape historique dans la diplomatie de la force. Ce n’est plus seulement de l’ingérence ; c’est une mise sous tutelle économique qui transforme un État souverain en une « colonie de ressources » pour les intérêts américains.

​La déclaration du président est d’une brutalité rare : « Vous traitez avec nous, pas avec le Venezuela ». En s’adressant ainsi aux PDG des majors pétrolières, Donald Trump liquide d’un trait de plume la souveraineté de Caracas. Sous couvert de « sécurisation », l’administration américaine semble orchestrer une véritable OPA hostile à l’échelle d’un pays.

  • Violation du droit international : Des experts de l’ONU dénoncent déjà une violation flagrante de la Charte des Nations Unies. La saisie de pétroliers en haute mer et le contrôle unilatéral des revenus d’un tiers pays rappellent les méthodes de la piraterie ou de l’ère coloniale.
  • Déni de démocratie : Bien que Washington ait installé Delcy Rodríguez à une présidence « par intérim », les propos de Trump révèlent que le véritable pouvoir de décision ne réside plus à Caracas, mais dans le Bureau ovale.

​Derrière l’assurance affichée, la stratégie « Drill, Baby, Drill » appliquée au Venezuela est une aberration pour de nombreux analystes :

  1. Bombe climatique : Le pétrole vénézuélien est l’un des plus lourds et des plus polluants au monde. Inciter à l’extraction massive de ce brut extra-lourd est un contresens total à l’heure de l’urgence climatique.
  2. Un gouffre financier : Trump promet 100 milliards de dollars d’investissements. Mais avec un réseau pétrolier en ruines et un prix du baril qu’il souhaite voir chuter à 50$, la rentabilité est une illusion. Le risque est que le contribuable américain finisse par subventionner les pertes des compagnies pétrolières privées.

​En instrumentalisant la lutte contre le narcotrafic pour justifier une mainmise énergétique, Donald Trump renforce l’image d’une Amérique qui n’agit que pour ses intérêts immédiats. Cette politique du « droit du plus fort » crée un précédent dangereux : quelle sera la prochaine cible si Washington décide qu’un pays gère mal ses propres ressources ?

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