Secousse à la direction des Douanes : Le RHAJAC exige des poursuites judiciaires après le limogeage de Gérald Remplais

Le gouvernement haïtien a acté, lors du Conseil des ministres de ce jeudi 2 juillet 2026, le remplacement de Gérald Remplais à la tête de l’Administration générale des Douanes (AGD). Si le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) prend acte de ce départ, l’organisation prévient : un simple jeu de chaises musicales ne suffira pas à assainir l’institution sans de véritables poursuites judiciaires.

Par la voix de son secrétaire général, Djovany Michel, le RHAJAC a publié une note de presse incisive quelques heures à peine après l’annonce officielle de la nomination du nouveau Directeur général, M. Walter Gabellus. Pour le réseau de journalistes, le départ de M. Remplais n’est qu’un « premier pas » qui ne saurait masquer la gravité des faits qui lui sont reprochés.

La note du RHAJAC rappelle que le mandat de Gérald Remplais à la tête des douanes était contesté avant même son installation officielle le 22 septembre 2025. L’organisation souligne que l’ancien directeur faisait déjà l’objet, dès le 18 août 2025, d’un mandat de comparution émis par le juge Noé Pierre Luis Massillon pour des soupçons de trafic d’armes. Selon les journalistes anti-corruption, sa nomination de l’époque s’apparentait à une tentative de « fuir la justice ».

Au-delà de ce dossier, le bilan dressé par le RHAJAC sur la gestion de l’AGD ces derniers mois est accablant :
Contrôles défaillants : Plus de 1 500 conteneurs auraient été vendus sans aucune inspection préalable.
Risque sanitaire : L’administration sortante est accusée d’avoir autorisé le dédouanement de cargaisons alimentaires contaminées, notamment le riz de marque « Diri Chèf », en dépit de multiples alertes.

Malversations financières : Des soupçons de blanchiment d’argent, de clientélisme et une gestion opaque des ressources de l’État sont activement dénoncés

Pour les professionnels des médias membres du réseau, le véritable enjeu réside désormais dans la réponse judiciaire. Le RHAJAC exprime sa profonde inquiétude quant au risque de voir ces pratiques se perpétuer sous la nouvelle direction si aucun signal fort n’est envoyé.

« Le départ d’un directeur général n’aura aucun effet durable si aucune enquête indépendante, aucune poursuite judiciaire et aucune mesure concrète ne sont engagées contre les auteurs de malversations », martèle le syndicat de journalistes.

L’organisation appelle formellement les autorités judiciaires compétentes à faire toute la lumière sur ces dossiers financiers et criminels. Pour le RHAJAC, seule une action publique rigoureuse permettra de restaurer la confiance de la population dans l’Administration générale des Douanes, un organe pourtant stratégique pour l’économie et la sécurité du pays.

Contacté pour authentification, le secrétariat du RHAJAC a réaffiché sa détermination à suivre de près les premiers pas de Walter Gabellus à la tête de l’institution.

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