Élections en Haïti : « Une illusion dangereuse » sans sécurité ni consensus, prévient le parti IDA.

Face à la volonté de l’exécutif de transition de maintenir un cap électoral pour 2026, le parti Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) tire la sonnette d’alarme. Pour cette formation politique, vouloir organiser un scrutin sans avoir préalablement pacifié le territoire et scellé une entente nationale est une voie sans issue qui risque de précipiter le pays dans un chaos plus profond.

‎​
‎​Alors que les préparatifs techniques s’accélèrent au sein du Conseil Électoral Provisoire (CEP), une partie de la classe politique manifeste son scepticisme. Le parti IDA, par la voix de ses dirigeants, a récemment qualifié la perspective d’élections immédiates d’« illusion dangereuse ». Cette position remet au centre des débats une question fondamentale : peut-on voter dans un pays où l’État ne contrôle plus ses frontières intérieures ?
‎​

‎​Pour l’IDA, la crise haïtienne ne peut être résolue par un simple exercice de comptage de bulletins. Le parti prône une « entente nationale conditionnelle ». Ce concept repose sur l’idée qu’aucun processus électoral ne pourra jouir d’une légitimité suffisante s’il n’est pas le fruit d’un large consensus entre les forces vives de la nation : secteur privé, société civile et partis politiques.

‎​« Organiser des élections dans le contexte actuel, c’est vouloir construire un édifice sur des sables mouvants », explique un cadre du parti. « Sans un pacte de gouvernabilité signé avant les urnes, le prochain président sera contesté avant même son investiture. »

‎​
‎​L’obstacle le plus concret reste l’insécurité. Avec des axes routiers stratégiques et de vastes zones urbaines sous l’influence de groupes armés, l’IDA estime que la liberté de mouvement, et donc le droit de vote, est une fiction.

‎​Le parti souligne plusieurs risques majeurs pour un scrutin précipité :
‎​L’exclusion géographique : Des milliers de citoyens dans les zones de conflit seraient de facto privés de leur droit civique.
‎​La coercition électorale : La crainte que les groupes armés ne dictent le vote dans les quartiers qu’ils contrôlent.
‎​Le déficit de participation : Une abstention record qui enlèverait toute crédibilité aux futurs élus.

‎​
‎​L’IDA appelle le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) à ne pas céder à la seule pression du calendrier ou de la communauté internationale. Pour le parti, la priorité doit être la restauration de l’autorité de l’État. Cette vision place le parti IDA dans le camp de ceux qui réclament des résultats tangibles sur le front de la sécurité avant tout engagement vers les urnes.

‎​Alors que l’échéance de février 2026 approche, la position de l’IDA résonne comme un avertissement : en Haïti, la démocratie ne peut pas être un simple calendrier technique, elle doit d’abord être une réalité sécuritaire.

About Echojounal

Check Also

Haïti/Zin: Le naufrage du CPT, entre complots de palais et incompétence chronique

 À seulement 25 jours de la fin théorique de son mandat, le Conseil Présidentiel de …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partager
Partager